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L’absinthe : un antiparasitaire puissant 

Par Guylaine Campion, ND et journaliste 

L’absinthe (Artemisia absinthium), tout comme l’armoise annuelle (Artemisia annua), fait partie de la famille des astéracées (Asteraceae).  

Réputée à travers le monde pour ses nombreux bienfaits sur la santé, l’absinthe est aussi appréciée comme plante ornementale avec ses belles feuilles de couleur gris argenté. Ses propriétés sont appréciées depuis l’Antiquité. 

Elle est surtout reconnue comme un puissant vermifuge. D’autres vont l’utiliser pour lutter contre les maux d’estomac, la fatigue et même le mal de mer.  

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Plusieurs vertus médicinales 

L’absinthe possède plusieurs propriétés médicinales. Tonifiante, elle aide à lutter contre la fatigue et peut être utile lors d’une convalescence.  

Puis, sur le plan digestif, elle stimule les sécrétions gastriques, facilite la digestion et ouvre l’appétit. Elle aide à lutter contre les problèmes gastro-intestinaux, les ballonnements et les flatulences. Elle calme les nausées et le mal de mer. 

Grâce à ses propriétés hépatoprotectrices, l’absinthe protège le foie contre l’hépatite médicamenteuse.  De plus, étant dépurative, elle favorise le nettoyage du sang et agit sur le foie.  

Antimicrobienne, elle aide à lutter contre le staphylocoque doré et le Candida albicans. Avec son action sédative, elle calme le système nerveux. De plus, elle diminue la fièvre et possède des propriétés antigrippales.  

Par ailleurs, l’absinthe est très appréciée pour ses vertus vermifuges, car elle aide à se débarrasser des parasites intestinaux, tels que les oxyures et les ascaris. D’ailleurs, autrefois, on faisait porter des tresses de branches d’armoise autour du cou des enfants pour les aider à combattre les vers.  

D’autre part, emménagogue, cette plante est réputée pour régulariser les premières règles chez les adolescentes.  

Antiseptique, une décoction d’absinthe peut être appliquée en compresse pour calmer les piqûres d’insectes. De plus, elle aiderait à traiter le paludisme. 

Grâce à son pouvoir insecticide contre les mites, on peut placer quelques sachets d’absinthe dans les armoires.  

Comment l’utiliser? 

Dans votre magasin de produits naturels, vous pourrez retrouver l’absinthe sous forme de capsules ou de teinture mère. À noter que l’absinthe doit être utilisée à faible dose et sur un court laps de temps. 

Attention : l’absinthe est contre-indiquée aux femmes enceintes et à celles qui allaitent, de même qu’aux enfants et adolescents de moins de 18 ans. Elle pourrait provoquer des fausses-couches. 

Double mise en garde : l’absinthe contient de la thuyone qui, à forte dose, peut être neurotoxique et convulsive. Elle est contre-indiquée aux personnes épileptiques. 

Par surcroît, elle est contre-indiquée chez les personnes souffrant d’insuffisance rénale. 

Toutefois, lorsqu’elle est consommée en petite quantité et sur de courtes périodes, l’absinthe, tout comme l’armoise, peut être un remède naturel intéressant.  

Un peu de botanique et d’histoire

L’absinthe est une plante herbacée vivace qui mesure de 40 à 60 centimètres de haut. Cette plante possède une tige rameuse accompagnée de plusieurs feuilles de couleur vert foncé sur le dessus et vert gris argenté en dessous qui caractérisent la famille des armoises. De plus, elle se présente avec de jolies fleurs jaunes disposées en grappes en haut des rameaux. Ce sont les feuilles et les sommités fleuries qui sont récoltées. On peut apprécier son odeur aromatique en froissant quelques feuilles.  

Son nom traduit du grec signifie : « privé de douceur ».

L’absinthe est une plante qui était déjà connue il y a bien longtemps des Égyptiens, des Celtes et des Grecs. On lui attribuait même des propriétés hallucinogènes, d’où l’importance de ne pas en abuser.   

Un papyrus d’Ebers (compilation égyptienne de textes médicaux) datant de 1600 ans avant Jésus-Christ mentionne cette plante, la reliant à des troubles de l’estomac.  

Pythagore croyait que cette plante aux feuilles d’un vert argenté dans le vin pouvait favoriser l’accouchement. De son côté, Hippocrate suggérait cette plante pour lutter contre les règles douloureuses, l’anémie et les rhumatismes.  

Puis, au 18e siècle, la médecine arabo-persane attribuait à l’absinthe des propriétés pour lutter contre le poison de la cigüe et des morsures de scorpions.  

Au 19e siècle, en Europe, la liqueur d’absinthe était très en vogue, mais elle contenait une huile essentielle qui, à forte dose, est un poison et dont l’abus provoque de graves intoxications. Sa fabrication et sa vente ont donc été interdites.  

Si à fortes doses, l’absinthe peut être toxique, à des doses plus faibles, elle susciterait, dit-on, une certaine clarté d’esprit. Voilà pourquoi elle était si appréciée des artistes du 19e siècle. D’ailleurs, on dit qu’elle a inspiré plusieurs peintres, poètes et écrivains, par exemple : Toulouse-Lautrec, Manet, Zola, Baudelaire, Hugo et Musset. 

Attention : ne pas confondre avec l’absinthe chinoise

Si vous cherchez de l’absinthe (Artemisia absinthium), veuillez toujours vérifier son nom latin, car il existe aussi sur le marché l’absinthe chinoise, connue aussi sous le nom d’armoise annuelle, soit « Artemisia annua ». 

Il existe près de 400 variétés d’Artemisia à travers le monde. L’Artemisia annua est déjà très utilisée dans les pays africains pour contrer le paludisme.

Étonnamment, cette plante est originaire de Chine, d’où son nom « absinthe chinoise » où elle fait partie de la pharmacopée depuis 2000 ans pour ses propriétés curatives contre la fièvre et les maladies parasitaires du sang notamment le paludisme (malaria). 

Madagascar de même que la Tanzanie et le Kenya sont parmi les principaux producteurs d’Artemisia annua qui contribuent à la fabrication des antipaludéens à base d’artémisinine. 

L’absinthe chinoise, qui a la propriété de stimuler le système immunitaire, se vend en teinture mère et en tisane. 

Attention : l’Artemisia annua est contre-indiquée chez les femmes enceintes et qui allaitent, chez les enfants de même que chez les personnes qui souffrent des problèmes d’insuffisance rénale ou hépatique. 

Les femmes enceintes ou qui allaitent, les enfants, les personnes qui prennent des médicaments ou qui souffrent de maladies graves ou d’allergies devraient consulter un spécialiste en santé naturelle avant d’utiliser les plantes médicinales.  

Les informations fournies dans cet article ne peuvent remplacer des conseils médicaux, un diagnostic ou un traitement.  

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