Par Marie-Christine Trépanier, journaliste

En octobre dernier, nous vous avons fait découvrir les bienfaits de la marche afghane : une activité antistress qui se pratique surtout en forêt. Au rythme de la respiration, la marche afghane marie à la fois méditation et activité physique : une combinaison idéale pour notre bien-être physique et mental.  

Certaines personnes qualifient la marche afghane de « yoga de la marche ». Cette pratique s’inspire des nomades caravaniers afghans qui peuvent traverser le désert sans fatigue excessive. Leur secret : coordonner leur respiration à leurs pas. 

Au fil des saisons, cette activité permet aussi d’expérimenter tous nos sens. Marcher en forêt avec les sens éveillés, c’est se mettre au diapason avec la nature.  

MARCHER AVEC TOUS NOS SENS 

La marche afghane est accessible à tous et peut se pratiquer n’importe où. Cependant, en pleine forêt, elle permet d’ouvrir et développer tous les sens dans un cadre bucolique et propice à la méditation.  

Tout d’abord, la vue permet au marcheur de considérer les différents obstacles qui se présentent sur le terrain, mais aussi d’apprécier toute la beauté de la nature. On prend le temps d’admirer toute la lumière et les nombreuses couleurs qui se présentent à nos yeux. Dans un état méditatif, c’est aussi voir avec son âme.  

Avec le sens de l’ouïe, on peut interpréter le monde qui nous entoure. Par la vibration, le son est transformé en énergie et l’information est transportée au cerveau pour y être interprétée. En marche afghane, « le marcheur bénéficie non seulement de l’expérience sonore directe, mais à travers l’énergie des lieux, c’est tout son corps qui a le potentiel de vibrer à l’unisson ». Que ce soit le chant des oiseaux, le sifflement du vent, le bruissement des feuilles, la nature offre une puissante expérience vibratoire.  

Dans la marche afghane, le marcheur est invité à déployer toute sa capacité olfactive, c’est-à-dire de ressentir et s’imprégner des odeurs qu’il rencontre sur sa route. Grâce à l’odorat, le marcheur perçoit les odeurs des bois, des sapins, des fleurs, de l’humidité, de l’air… Il se laisse envahir par tous les effluves de résine et les parfums de la nature qu’il croise sur son passage.  

Notre peau est notre plus grand organe, et elle se plaît au contact de la nature par le sens du toucher.  Embrasser le vent, recevoir les rayons du soleil, sentir les gouttes de pluie… la nature est accueillante et nous procure un grand bien-être. En hiver, c’est le froid et les rafales qui peuvent aussi se faire mordants sur la peau.  

Même si le sens du goûter est moins présent lors d’une marche en forêt, on peut quand même dire qu’il peut s’activer au contact de la nature. En effet, ne goûte-t-on pas à tous les plaisirs que nous offrent les quatre autres sens?  

MARCHER AU FIL DES SAISONS

Le printemps est la saison idéale pour entreprendre une nouvelle activité en plein air, mais, en fait, chaque saison s’avère être parfaite pour la pratique de la marche afghane.  

Au printemps, avec les rayons de soleil qui se font plus chauds, on sent une énergie nouvelle. Avec la marche afghane, on « recharge nos batteries » tant au niveau du corps que de l’esprit. Nos pieds retrouvent le contact avec le sol et le corps s’harmonise avec l’environnement. 

Pour sa part, l’été nous invite à une foule d’excursions et de défis de longues marches. Et si la pluie vous surprend en chemin, sachez qu’elle vous apportera des bienfaits grâce aux anions (ions négatifs) présents dans l’air. Une fois intégrées dans la circulation sanguine, ces molécules produisent des réactions biochimiques qui neutralisent les radicaux libres. Les anions nous protègent du stress environnemental, notamment de la pollution électromagnétique.  

En automne, le marcheur retrouve l’action tonifiante de l’air frais. L’odeur des feuilles mortes chatouille les narines alors que le sol de la forêt dégage des parfums boisés. De jour en jour, le tableau automnal se transforme sous nos yeux, et les parfums se font de plus en plus présents, sans compter les bruits des craquements de feuilles mortes. Toute la nature s’exprime une dernière fois avant de s’endormir pour l’hiver.  

L’hiver est une saison stimulante pour la pratique de la marche afghane. Bien entendu, il faut être habillé convenablement pour affronter la froidure de l’hiver et avoir les extrémités bien protégées. En marchant d’un bon pas et à un rythme bien adapté, le corps est stimulé et se réchauffe. On peut donc profiter de tous les beaux paysages d’hiver qui s’offrent à nos yeux : un ciel qui s’enfarine de minuscules étoiles lumineuses, les traces de pas des petits écureuils sur le tapis de neige ou un faon qui gambade au loin.  

À travers les saisons, le marcheur aura donc traversé une foule d’expériences sensorielles qui lui procureront plaisir, joie et bien-être.  

Source : « La marche afghane pour tous », Sylvie Alice Royer. Éd. Thierry Souccar