Par Guylaine Campion, ND et journaliste

En 1937, le scientifique hongrois Albert Szent-Gyorgyi a reçu le prix Nobel après avoir découvert la vitamine C et la vitamine P. Bien entendu, tout le monde connaît la vitamine C. Mais qu’en est-il de la vitamine P?

En fait, si plusieurs ignorent la vitamine P, c’est qu’on l’appelle maintenant « flavonoïdes ». Mais à l’origine, le Dr Szent-Gyorgyi a donné aux flavonoïdes le nom de « vitamine P » en raison de leur efficacité à réduire la perméabilité des vaisseaux sanguins. La vitamine P est tout indiquée dans les cas de fragilité des vaisseaux et des capillaires sanguins, hémophilie, hémorragie, artériosclérose, varices, hémorroïdes, psoriasis et eczéma.

Ajoutons que même si les flavonoïdes ne sont pas vraiment des vitamines, on leur donne parfois l’appellation de « vitamine P » en raison de leurs propriétés semblables à celles des vitamines. La carence en vitamine P peut provoquer de l’hypertension, des accidents vasculaires, des hémorragies, des saignements de gencives et des hématomes.  

On trouve la vitamine P, entre autres, dans le sarrasin, la laitue, l’orange, le citron et l’abricot. Parmi les compléments alimentaires, l’églantier et l’acérola en contiennent aussi.  

QUE SONT LES FLAVONOÏDES?

Les flavonoïdes sont les pigments qui colorent les fruits, légumes et fleurs. Certaines plantes médicinales telles que l’aubépine sont riches en flavonoïdes. Ces pigments colorés les protègent de l’oxydation et des rayons solaires agressifs. Les flavonoïdes donnent aussi du goût aux fruits et légumes. Il en existe des milliers. Ils font partie de la famille des polyphénols. On retrouve plusieurs sous-groupes de flavonoïdes : flavanols, flavonols, flavanones, isoflavones et anthocyanes, pour n’en nommer que quelques-uns.

Les flavonoïdes, naturellement présents dans les végétaux, présentent de nombreux bienfaits sur l’organisme, le principal étant de renforcer la paroi des capillaires (les plus petits vaisseaux sanguins) et de réduire leur perméabilité. Ils sont aussi de puissants antioxydants qui permettent de neutraliser les radicaux libres du corps, et ainsi prévenir l’apparition des maladies. Les flavonoïdes optimisent les propriétés de la vitamine C et possèdent un effet antiviral.  

LA QUERCÉTINE ET LA RUTINE : PARMI LES PLUS ACTIFS

Comme mentionné plus tôt, il existe une multitude de flavonoïdes, mais parmi les plus actifs, on retrouve la quercétine et la rutine.  

Dans un premier temps, la quercétine possède plusieurs propriétés intéressantes.  En effet, elle réduit les réactions allergiques (rhinite, eczéma, urticaire), l’asthme, l’inflammation et prévient les maladies cardiovasculaires.  Elle est aussi antioxydante.

Plusieurs plantes médicinales, dont le ginkgo et le millepertuis, doivent une partie de leurs effets thérapeutiques à la quercétine. Souvent associée à la vitamine C dans les suppléments, la quercétine en améliore l’absorption et en retarde l’élimination.

Les câpres et la livèche (plante au goût amer connue sous le nom de céleri vivace) sont les plus grandes sources de quercétine. Suivent l’oignon rouge, la pomme, le raisin, le vin rouge, les petits fruits (bleuets, canneberges, groseilles.), les cerises, le brocoli, les agrumes et le thé.  

Attention si vous prenez des médicaments, la quercétine pourrait inhiber l’action des antibiotiques de la famille des quinolones.  De plus, elle modifie la biodisponibilité de la cyclosporine, un médicament immunosuppresseur utilisé pour empêcher le rejet des greffes.  

Tout comme la quercétine, la rutine fait partie de la grande famille des flavonoïdes. D’ailleurs, la rutine se rapproche beaucoup de la quercétine sur le plan chimique, et elle possède aussi des propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires, vasoprotectrices (protection des vaisseaux sanguins) et antithrombotiques (protection contre la formation de caillots sanguins).  

On trouve la rutine dans plusieurs plantes médicinales : eucalyptus, aubépine, ginkgo biloba et millepertuis. Dans l’alimentation, le sarrasin est l’une des meilleures sources de rutine, viennent ensuite les agrumes (surtout dans leur peau), le raisin, le vin rouge, les abricots, les cerises, les mûres et la pelure de pomme.  

Alors, avez-vous pris votre dose de « vitamine P » aujourd’hui?

Les informations fournies dans cet article ne peuvent remplacer des conseils médicaux, un diagnostic ou un traitement.