Par Marie-Christine Trépanier, journaliste

L’hiver est déjà à nos portes avec l’arrivée de la fête de Noël, féérique et lumineuse: une période festive où se mêlent réjouissances, partage et abondance. 

Le temps des fêtes, c’est aussi les vitrines décorées, les arbres illuminés à l’extérieur, la musique traditionnelle qui résonnent à nos oreilles et nous replongent dans notre enfance! On se souvient de l’attente des cadeaux, des surprises, des gourmandises de grand-mère et du magnifique sapin qui dominait au milieu du salon avec son étoile lumineuse et la jolie crèche à ses pieds. 

DES ORIGINES CHRÉTIENNES 

Depuis des siècles, le 25 décembre, les chrétiens du monde entier sont réunis et célèbrent la naissance de Jésus. Bien que la fête de Noël n’existait pas au début du christianisme et que la date exacte de la naissance du Christ demeure inconnue, l’Église a voulu déterminer une date de la naissance de Jésus.

En 354, le pape Liberius désigne officiellement le 25 décembre comme étant la fête de la naissance du Christ. Cette date coïncidait chez les Romains avec une grande fête agricole « Sol Invictus » c’est-à-dire : « Soleil invaincu ». Durant les sept jours entourant le solstice d’hiver, soit du 17 au 24 décembre, les Romains festoyaient, décoraient les maisons et s’offraient des cadeaux. En fait, durant le solstice d’hiver, les Romains, mais aussi d’autres cultures, craignaient que le Soleil ne disparaisse et ne revienne jamais, laissant derrière lui les ténèbres et la tristesse.  

Plusieurs fêtes païennes étaient soulignées durant cette période de l’année comme les saturnales romaines qui célébraient Saturne, le dieu des semailles et de l’agriculture et la fête de Mithra, un jeune dieu solaire pour qui on sacrifiait un taureau chaque année le 25 décembre pour souligner le solstice d’hiver. 

La fête de Noël est donc célébrée quelques jours après le solstice d’hiver, la journée la plus courte de l’année. Le 25 décembre, les journées s’allongent et c’est le retour de la lumière : un temps idéal pour les chrétiens du monde entier de célébrer la naissance de Jésus-Christ, sauveur de l’humanité, celui qui éclaire et qui redonne foi, joie et espérance. Le 25 décembre marque donc le renouveau, la renaissance, le retour à la lumière.  

Par la suite, la fête de Noël a connu une grande popularité à travers les siècles qui ont suivi avec des représentations théâtrales de la Nativité, des crèches vivantes dans les églises et l’arrivée de petites crèches de santons dans chaque maison. 

SAINT-NICOLAS ET LE PÈRE NOËL 

Outre les origines chrétiennes de la fête de Noël, il existe aussi des personnages mythiques, symboles de joie et d’abondance soit Saint-Nicolas et le père Noël. 

Bien avant le père Noël, c’est Saint-Nicolas que les enfants attendaient le soir de Noël. Né au début de l’ère chrétienne, Nicolas a été évêque de la ville de Myre, située dans l’actuelle Turquie. Il était le protecteur des enfants qu’il adorait. Très riche, on dit que chaque année à Noël, il passait de porte en porte à dos d’âne pour distribuer des friandises aux enfants. Saint-Nicolas était très populaire à l’époque médiévale et à la Renaissance partout à travers l’Europe.  

Puis, à l’arrivée des Hollandais en Amérique en 1624, ceux-ci ont amené avec eux dans leurs bagages Saint-Nicolas qui est devenu par la suite Santa Claus : le père Noël. L’âne de Saint-Nicolas a été remplacé par Rodolphe, le petit renne au nez rouge du père Noël.  

GÉNÉROSITÉ, SIMPLICITÉ ET VALEURS DU CŒUR 

Malheureusement, au fil du temps, Noël est devenu une fête commerciale s’éloignant de plus en plus de ses origines chrétiennes avec l’incontournable course contre-la-montre pour acheter les cadeaux, l’attente interminable dans les magasins, la pression du temps qui passe trop vite et le stress et l’anxiété qui se mettent de la partie!

Pourquoi cette année, ne pas avoir pour objectif de revenir à une célébration beaucoup plus sobre, mais empreinte de valeurs de générosité, d’entraide, de partage, d’amour et d’attentions envers les plus démunis. Revenir à des valeurs de cœur où le principal plaisir est de faire du bien aux autres et dans des petits gestes qui peuvent changer le Noël d’une personne seule, malade, âgée ou pauvre. Donner du temps, de l’attention, des moments de bonheur, des sourires, visiter une personne malade, âgée ou seule, faire du bénévolat, participer à une soupe populaire pour les personnes défavorisées sont autant de façons de faire preuve de générosité.  

Noël peut être aussi l’occasion rêvée pour faire la paix avec un membre de la famille, un ami, un voisin. C’est un temps idéal pour les retrouvailles et les réconciliations. On oublie les malentendus, les conflits du passé et on se promet de passer de bon temps ensemble dans la paix et la sérénité.  

Ainsi, un véritable miracle peut se produire dans nos vies et dans celles des autres, car le don de soi est magique et procure joie et bonheur assurément!

Plutôt que de perdre des journées entières à courir dans les magasins, pourquoi ne pas prendre plaisir à décorer, à lire des contes de Noël aux enfants, à confectionner avec eux des biscuits qu’ils auront le plaisir de donner à leurs amis ou leurs voisins ou aller respirer l’air frais aux odeurs de sapin et d’épinette dans les bois, etc.

Prendre le temps de s’arrêter, d’ouvrir son coeur et de faire du bien aux autres. Choisir de vivre un Noël dans la simplicité sans cadeaux, mais avec une abondance d’amour, de paix et de partage! Déposer des lettres de gratitude sous le sapin pour exprimer des « merci », « pardon » ou des « bravo », peu importe! Nul doute que ces lettres réchaufferont les cœurs et seront les plus beaux cadeaux à offrir peu chers, mais à la fois si riches! 

Parions que ce Noël sera l’un des plus beaux dans la vie de vos enfants, car naîtront dans leurs cœurs le plaisir et la joie de rendre les autres heureux!