Par Cyril Meyre, ND. A. | http://cyrilmeyre.com

Le quart des maladies sont liées à la pollution. Pourquoi? C’est lourd et le corps ne sait plus comment gérer cette surdose toxique environnementale. Ne faites pas l’autruche. La planète est bel et bien surpolluée.

Pourquoi toujours cette récurrente rengaine des produits naturels qui parlent de détox?

La promotion négative sur notre industrie des produits naturels et les fameuses détox prend beaucoup de place dans les médias qui traitent de santé. Cette désinformation négative conduit à une confusion. Rétablissons les faits.

LES TOXINES ET LEURS IMPACTS

L’exposition aux toxines environnementales provient de ce que l’on respire, mange et boit; celles-ci s’incrustent dans notre corps et s’accumulent par incapacité à les métaboliser et les éliminer, et ainsi surchargent nos organes. Ce qui, à long terme, induit des symptômes et maladies chroniques. C’est donc l’accumulation qui devient problématique, car les toxines altèrent le fonctionnement de notre métabolisme, de nos communications cellulaires, de l’équilibre hormonal, de la nutrition cellulaire qui, à terme, provoque des maladies et des dommages à l’ADN.

L’inhalation de micro et nanoparticules issues de l’industrialisation et de la combustion des biomasses (pétrole) provoque un stress oxydatif suivi d’une réaction inflammatoire chronique, locale, et devenant systémique affectant à terme le système réticulo-endothélial (système relié à l’immunité, la destruction et l’élimination de corps étrangers, toxines… foie, système lymphatique, moelle osseuse, rate en font partie).

Les poumons sont le point d’entrée de nombreuses microparticules toxiques bioaccumulatives. Ces particules affectent les poumons ainsi que d’autres organes et systèmes : le benzène (moelle osseuse), le disulfure de carbone (système cardiovasculaire et nerveux), le cadmium (reins) et le mercure (reins et système nerveux).

Les xénobiotiques, toxines originaires de la pollution de l’extérieur du corps sont responsables de maladies dégénératives chroniques, de dysfonctionnements immunitaires, d’hypersensibilités environnementales, de troubles endocriniens… et comme nous le dit si bien l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : le quart des maladies auxquelles nous faisons face provient de notre surexposition aux toxines et pollutions environnementales.

L’INTOXICATION

L’intoxication désigne l’apparition d’effets nocifs suivant l’exposition à des substances chimiques. L’absorption, la distribution (systèmes de transport des substances chimiques) et la force des toxines ont un impact différent selon la sensibilité de chaque individu, donc l’historique de santé (pathologies et troubles fonctionnels du foie, reins, intestins, métaboliques, etc.), de la pharmacodynamie et de la pharmacocinétique.

C’est-à-dire qu’il faut prendre en compte que l’absorption et la distribution des toxines dans le corps sont influencées par les propriétés des toxines elles-mêmes (taille de la molécule, degré d’ionisation, solubilité dans l’eau et dans les lipides, liaison protéique), par les barrières physiologiques qu’elles traversent, la composition des membranes (voir intestins poreux – leaky gut) et la taille des pores de la peau.

La sévérité et la réversibilité de la toxicité dépendent de la dose, de la concentration, de la durée du contact et de la puissance toxinique. La plupart du temps, nous observons des cas d’intoxication insidieuse qui se produisent sur de longues périodes et engendrent des troubles fonctionnels divers, sans liens précis avec une cause directe d’intoxication contrairement aux phénomènes toxicologiques aigus connus en médecine.

Les métaux lourds présents dans notre corps jouent un rôle central dans toutes les maladies chroniques.

Prendre en considération que certains minéraux sont capitaux pour le fonctionnement de réactions biochimiques à doses de traces et qu’à des dosages plus élevés, ils seront toxiques (cuivre, sélénium, chrome, vanadium, cobalt, etc.).

Les maladies cardio-respiratoires, pulmonaires et l’asthme sont souvent reliés au smog; la pollution citadine conduit à des affections aiguës et chroniques dues aux facteurs environnementaux. Nous n’avons qu’à voir les effets extrêmes du smog vécus en Chine dans les dernières années…

ÉDIFICES ET MAISONS TOXIQUES

À l’intérieur des édifices et maisons, nous sommes exposés aux émanations et vapeurs des divers produits contenant des composés organiques volatiles (COV) : le radon, les feux de poêles à bois et cheminées, l’eau de Javel, le formaldéhyde (produits ménagers et de construction), les acariens, les moisissures, les photocopieuses, etc. Ceci donne naissance au syndrome des édifices toxiques (building-related illnesses) bien connu en zone urbaine où il existe d’ailleurs une classification de la qualité de l’air des tours et édifices sans possibilité d’ouvrir les fenêtres.

Voici les symptômes listés par le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail, dans les édifices toxiques : céphalée, nausée, étourdissement, lassitude, irritation des yeux, de la gorge, du nez, troubles respiratoires, toux, éternuements, essoufflement, vision brouillée, congestion des sinus, douleurs diffuses, etc.

Voir ce site pour plus de détails : www.cchst.ca/oshanswers/chemicals/iaq_intro.html.

MAIS D’OÙ PROVIENNENT LES SURCHARGES TOXINIQUES?

Voici quelques sources de pollutions qui affectent le fonctionnement métabolique du corps humain : pesticides, insecticides, herbicides, chasse-moustiques (DEET), pollution aérienne, composés organiques volatils (COV), parfums, produits ménagers, moisissures, combinaisons de produits chimiques à effets exponentiels, encres des livres et périodiques, produits cosmétiques, vernis, parabènes, benzène, laurylsulfate, laureth sodium, huile minérale, polyéthylène glycol (PEG), triéthanolamine (TEA), triclosan, aluminium, BHT, nitrites, sulfites, champs électromagnétiques (wi-fi, lampes, écran, ordinateur, téléphone, ligne électrique, câblage, courants telluriques, etc.).

Voici également les métaux lourds les plus courants: plomb, mercure, arsenic, cadmium, aluminium, fluorures, thallium. La recherche a déjà prouvé que l’exposition aux métaux lourds, même minime, joue un rôle dans les maladies chroniques.

On peut aussi nommer la pollution environnementale, l’air, l’eau, la terre (nos légumes poussent dans la terre), le tabagisme, les drogues, les radiations, la peinture, la rénovation, les voitures et maisons neuves, les tapis, les matelas, l’imprimerie, les plastiques, les produits domestiques, agricoles, industriels (pesticides, herbicides, fertilisants), les OGM, les cosmétiques, savons, shampoings, désinfectants pour les mains, parfums, crèmes solaires.

De plus, il faut prendre en considération les abus de la table, les aliments préparés, la restauration rapide, les gras trans, le manque de variété dans l’alimentation, les intoxications par les plats de plastique, les instruments de cuisson en aluminium ou en téflon. Il est important de lire les étiquettes de vos cosmétiques et aliments. Sans oublier les carences hydriques, le stress chronique, le surmenage, le manque de sommeil, les émotions négatives et la sédentarité. Par ailleurs, plus de 100 000 substances chimiques dans l’air proviennent du milieu industriel et commercial.

Selon le très réputé livre de référence Harrison’s Principles of Internal Medecine (Mc Graw Hill, 2012), la filtration et l’élimination des toxines passent par : le foie, les reins, les intestins, la lymphe, le sang, la salive, la transpiration, la lactation, l’expiration, l’exfoliation, les cheveux et les ongles.

ABC DÉTOX

Généralement, le corps se draine lui-même suffisamment bien. Toutefois, l’exposition aux toxines envahissant notre environnement et nous-mêmes entrave la capacité fonctionnelle métabolique du corps à se nettoyer normalement.

Quelques conseils :

  • Supporter les émonctoires : foie, reins, poumons, peau, intestins, lymphe avec des produits naturels bien élaborés pour répondre à leurs besoins criants;
  • Boire au moins 1,5 litre d’eau par jour;
  • Prendre des tisanes agissant sur les émonctoires : bardane, pissenlit, gaillet, etc.;
  • Adopter une alimentation saine, hypotoxique;
  • Bouger, sortir de la sédentarité;
  • Voir pour les kits détox en magasin de produits naturels;
  • Toujours supporter le système lymphatique, plusieurs formules existent.

Sur ce, bonne santé!

SOURCES :

Harrison’s Principles of Internal Medecine, Mc Graw Hill, 2012

 

Crapper Mclachlan et B.J. Franell. Metal ions in neurology and psychiatry, Neurology and neurobiology, volume 15, 69-87, Alan R. Liss, 1985

 

Cambar J, Lakhdar B, Benjelloun S, Dorfman P. Toxicologie cellulaire des métaux : approche homéopathique. Cahier de Biothérapie numéro 107 supplément, octobre 1990

 

Howard Hu. Heavy Metal Poisoning, chapter e49, Harrision’s, Principles of internal medecine, Mc Graw Hill, 2012

 

David Rakel, Integrative Medecine, Saunders Elsevier, 2007

 

Wuttke W. Jarry H. Seidlova-Wuttke D. Definition, classification and mechanism of action of endocrine disrupting chemicals. Hormones (Athens) 2010;9:9–15

 

Grandjean P. Bellinger D. Bergman A, et al. The faroes statement: Human health effects of developmental exposure to chemicals in our environment. Basic Clin Pharmacol Toxicol. 2008;102:73–75

 

Cummings JA. Clemens LG. Nunez AA. Mother counts: How effects of environmental contaminants on maternal care could affect the offspring and future generations. Front Neuroendocrinol. 2010;31:440–451

 

Nielsen GD, Larsen ST, Olsen O, et al. Do indoor chemicals promote development of airway allergy? Indoor Air 2007;17 (3) : 236-55

 

Alternative Medicine Review Volume 14, Number 4 2009, Chlorinated Pesticides: Threats to Health and Importance of Detection

 

Allen J, Montalto M, Lovejoy J, Weber W. Detoxification in naturopathic medicine: a survey. J Altern Complement Med. 2011 Dec; 17(12): 1175–1180

 

http://www.hypersensibiliteenvironnementale.com/index.php/prise-en-main-de-la-maladie/introduction