Par Nicole Renaud, ND. A. membre de l’ANAQ

Anxiété, dépression, bipolarité, désordre de la personnalité, dépendance, TOC, TDA, autisme, Asperger, dyslexie, difficulté d’apprentissage, Parkinson, Alzheimer, schizophrénie, démence, stress chronique, manque de concentration, peur, sautes d’humeur, insomnie, etc., tous ces troubles peuvent se régler en « réparant » notre cerveau.

J’ai connu le Dr Mark Hyman en lisant le livre « Ultra prévention » coécrit avec le Dr Mark Liponis, en 2006. Dr Hyman, il y a 20 ans, souffrait de graves problèmes de santé qu’aucune méthode médicale ne puisse résoudre. C’était au début de sa carrière médicale, et c’est en se tournant vers la médecine alternative fonctionnelle qu’il réussit en s’en sortir. Son problème? Le cerveau. Il a ouvert le Cleveland Clinic’s Center, où il en est le directeur, afin d’aider les gens aux prises avec ce même problème.

Pour lui et bien d’autres médecins, chiropraticiens et autres chercheurs dans le domaine de la santé comme les docteurs Anne Hatheway, Arsalan Darmal, Dale Bredesen, David Perlmutter et plusieurs autres, le cerveau peut changer, se transformer, et les maladies en découlant peuvent se traiter en changeant ses habitudes de vie. Saviez-vous que la dégradation du cerveau peut commencer des décennies avant l’apparition de la maladie?

Dès que vous commencez à avoir des pertes de mémoire ou que vous souffrez d’anxiété, déjà votre cerveau vous fait signe. Vous êtes irritable et le fait de manger du sucre, des céréales ou du café vous fait sentir mieux? Posez-vous la question : pourquoi?

LA DÉGRADATION DU CERVEAU

De mauvaises habitudes de vie peuvent être à la source d’une dégradation du cerveau.

LES FACTEURS DE RISQUE

Vous devez savoir en premier lieu que le stress est une cause des maladies dans 95% des cas. En effet, le stress chronique augmente l’inflammation, l’anxiété, la dépression, les dommages à l’hippocampe et, par le fait même, diminue  la mémoire, la concentration et la sérotonine, et interagit sur le fonctionnement de la glande thyroïde et la perte musculaire. En acceptant cette prémisse, vous accepterez également de faire des changements dans vos habitudes de vie.

Voici des facteurs qui influencent l’humeur :

  • L’alimentation,
  • Le débalancement hormonal,
  • Les intolérances alimentaires,
  • Les toxines,
  • La digestion,
  • Les débalancements immunitaire et métabolique.

Dr Hyman a découvert que ce qui n’allait pas chez lui provenait tout simplement du fonctionnement de son corps et non d’un virus ou d’une bactérie. C’est ainsi qu’il a pu améliorer tout ce qui affectait son cerveau. Comme chaque cerveau est différent, la méthode utilisée différera selon l’individu. Mais une chose est sûre, l’alimentation doit être de qualité afin que les neurotransmetteurs, ces messagers chimiques, puissent fonctionner adéquatement. On sait depuis peu que tout ce qui se passe dans l’intestin affecte notre cerveau. En effet, le microbiome (tout ce qui constitue notre flore intestinale), par le nerf vague, ce nerf qui parcourt tout notre organisme de la tête à l’abdomen, permet d’interférer dans le fonctionnement du cerveau.

Comme on le sait, ce que nous mangeons et buvons affecte nos bactéries : l’eau chlorée, le sucre, l’alcool, les fritures, et j’en passe, et même les antibiotiques; ils auront une influence sur la santé de nos bactéries. D’ailleurs, remarquez si vous êtes souvent de bonne humeur. Votre intestin est en santé? Alors vous serez de bonne humeur.

Je vous ai déjà entretenu sur le fait que notre intestin contient plus de neurotransmetteurs – dopamine, norépinephrine, gaba, sérotonine – que notre cerveau. Afin de savoir si tout va bien de ce côté, permettez-vous de vérifier si 1) vous pouvez vaquer à vos occupations sans problème 2) vous vous sentez heureux, aimé 3) si vous savourez les moments de votre vie ou si par contre vous êtes anxieux, stressé, fatigué. Ainsi, vous saurez si votre intestin et votre cerveau sont en bonne connexion.

Votre intestin permet la synthétisation des vitamines, l’assimilation des aliments, la régulation des hormones, l’excrétion des toxines, la production de composés chimiques afin de vous aider à demeurer en santé. Par conséquent, comme l’alimentation joue un grand rôle dans cet équilibre, il faudra donc éviter :

  • La malbouffe et les repas préparés, les mauvais gras comme la friture, les huiles végétales, le sucre et l’eau chlorée.

Une alimentation mal équilibrée fait diminuer le zinc et la vitamine D entre autres. Ces nutriments sont nécessaires au bon fonctionnement du système immunitaire. Vous pouvez avoir une analyse sanguine tout à fait normale dans ses valeurs, mais dans les cellules, il en va autrement. N’oubliez pas ceci :

« Avant que vous soyez malade, des signes apparaissent comme quoi quelque chose ne va pas dans votre organisme ».

Voici quelques signes avant-coureurs :

  • Réactions lentes à penser,
  • Plus de temps à résoudre un problème,
  • Pertes de mémoire.

LES ALIMENTS PRO-INFLAMMATOIRES

Le sucre ralentit les échanges dans le cerveau, provoque l’inflammation et rend les gens furieux et en colère plus rapidement. Il affecte le taux de dopamine et de sérotonine. Plus on mange du sucre et plus on en veut; cela s’explique par le fait que nous tentons d’équilibrer ces neurotransmetteurs, qui vont, nous croyons, nous permettre d’être de bonne humeur.

Le fructose est plus sucrant que le sucrose. Une consommation élevée en sucre est pire pour votre cerveau. Quand vous lisez une étiquette sur un produit, éliminez celui qui contient des « ose ». Par exemple, il y a neuf cuillerées à thé de sucre dans un verre de jus d’orange. Préférez donc les fruits.

Parmi les aliments pro-inflammatoires, notons également le soya, le lait, le maïs et le gluten, et pour certains, les œufs.

Trois réactions se déclenchent face à ces aliments et affectent le cerveau

  1. L’inflammation,
  2. Le déséquilibre des neurotransmetteurs,
  3. L’augmentation des excitotoxines comme le glutamate et l’aspartame qui « tueraient » les cellules du cerveau,
  4. L’augmentation de l’histamine.

En plus d’une alimentation inappropriée,  les métaux lourds et la pollution ont un impact sur notre cerveau. Sachez que 2,5 milliards de livres de produits chimiques toxiques sont libérés dans la nature chaque année. Nous y goûtons et les sentons.

L’inflammation vient du fait que les mitochondries, responsables de l’énergie dans nos cellules, ne peuvent plus en produire assez. C’est pourquoi il faut augmenter leur pouvoir. L’exercice régulier, la marche ou autre activité que vous aimez, une bonne alimentation, les antioxydants et les suppléments alimentaires vont renverser le vieillissement des cellules et aider le cerveau à mieux fonctionner.

 

LA RÉPARATION DU CERVEAU

Le cerveau peut se réparer; les maladies en découlant peuvent se traiter en changeant ses habitudes de vie.

DIÈTE ANTI-INFLAMMATOIRE POUR LE CERVEAU

Les composés phytochimiques retrouvés dans une diète anti-inflammatoire permettent d’augmenter l’oxygène au cerveau. Afin de préserver la santé de celui-ci et de le réparer, voici l’alimentation qui serait conseillée :

  • Une diète pauvre en hydrates de carbone : en effet, les gens mangent trop de féculents, de pain, des pommes de terre, des céréales, au détriment des autres bons aliments. Il est prouvé qu’une diète élevée en hydrates de carbone augmente de 86% le risque de démence. Certains vont adopter la diète paléo tandis que d’autres vont opter pour la diète cétogène. Il est important aussi de choisir les aliments qui n’augmentent pas l’insuline.
  • Les bonnes protéines : les viandes fumées, les viandes contenant des antibiotiques, les viandes transformées, ne sont pas conseillées. Préférez les viandes biologiques, le bœuf nourri à l’herbe, les œufs de poules en liberté. Les protéines sont importantes pour le rendement efficace du cerveau. On suggère 30g de protéines par repas et plus de 40g pour les personnes qui s’entraînent. Si vous considérez ne pas manger assez de protéines, ajoutez les acides aminés en poudre qui vont aider les neurotransmetteurs à mieux véhiculer leurs messages. Le livre de Marie-Soleil Noreau, naturopathe agréée, vous guidera à ce sujet ainsi que sur les fibres à ingérer chaque jour.
  • Aucun produit laitier : les produits laitiers sont traités et ne conviennent pas aux humains. Ils contiennent une hormone naturelle appelée IGF1, semblable à l’insuline, qui stimule le métabolisme du glucose; cette hormone est impliquée dans certains cancers.
  • Aucun gluten : selon les recherches de madame Jacqueline Lagacé et le Dr Jean Seignalet, le gluten, comme il se retrouve un peu partout dans l’alimentation, agit comme une colle dans l’intestin, empêchant une bonne assimilation des nutriments. Il causerait donc, par le fait même, de l’inflammation.
  • Le sucre : pour tout ce qui a été énuméré précédemment.
  • La prise de bleuets sauvages tous les jours, riches en antioxydants sera un atout.
  • La DHA, contenue dans l’huile de poisson et les algues.
  • Les fruits et légumes de toutes les couleurs puisque les pigments aident à soigner le cerveau. Je vous suggère l’extrait de baies sureau et la baie d’argousier, entre autres, ainsi que les pousses de brocoli, le kale, le collard, le chou, le navet, le rutabaga, le bok choy, le chou chinois, la roquette, le radis, le cresson, etc.
  • Les bons gras favorisent un bon fonctionnement du cerveau : les noix, les graines oléagineuses, les huiles vierges comme l’huile d’olive, de coco, d’avocat, l’avocat, les œufs pour la choline qu’ils contiennent (pas pour tous).

Une alimentation pauvre en vitamines et minéraux, les toxines environnementales comme les plastiques, les pesticides, les aliments transformés, les OGM, les poissons d’élevage, le mercure, tous ces éléments épuisent notre cerveau. Il faut augmenter et stimuler les mitochondries dans la cellule, dont la fonction principale est de fournir l’énergie, afin de leur permettre d’accomplir leur travail.

SUPPLÉMENTATION

  • Le CoQ10 combiné au PQQ (pyrroloquinoline quinone) augmente l’énergie dans les cellules du cerveau et améliore la mémoire, augmente le flot sanguin cérébral et limite les dommages dus au sucre.
  • Le magnésium L-thréonate pénètre dans le cerveau et augmente la densité des synapses dont la communication intercellulaire est si importante.
  • La L-carnitine traverse la barrière hématoencéphalique et permet d’équilibrer la dopamine. Elle améliore ainsi la mémoire, l’attention et le comportement. Elle joue un rôle crucial dans le transport des acides gras essentiels à l’intérieur des mitochondries.
  • L’acide lipoïque est un des antioxydants les plus puissants pour neutraliser les radicaux libres.
  • La NAC (N-acétyl-cystéine) est un acide aminé qui neutralise les radicaux libres en augmentant la production de glutathion.
  • D’autres suppléments comme le zinc et le sélénium devront être ajoutés pour certaines gens en déficit de ces minéraux ainsi qu’un complexe B.

Pour ce qui est des métaux lourds comme le mercure et le plomb, un supplément de DMSA accompagné de 2,5g de fibres, 2 fois par jour, le NAC et la vitamine C peuvent replacer la fonction enzymatique et éliminer les métaux lourds.

Selon les dernières recherches, 10% des gens de 65 ans, 25% des gens de 75ans et 50% des gens de 85 ans développeront la démence ou la maladie d’Alzheimer au cours de leur vie. Il est vrai que les gènes jouent un rôle important dans la maladie, mais pas crucial, puisque ceux-ci ne comptent que pour 5 à 10% des risques des maladies tandis que 90% à 95% dépendent des habitudes de vie. Oui, on peut changer l’expression de nos gènes avec une alimentation appropriée. Les nouvelles recherches tentent de démontrer l’évidence qu’une résistance à l’insuline accroît les dommages au cerveau, et un risque accru à la maladie d’Alzheimer et de diabète. Plus vous mangez de sucre et moins votre cerveau travaille efficacement. Un autre fait, on s’est aperçu que plus votre  pression artérielle est élevée et plus votre cerveau rapetisse.

Un autre risque d’inflammation du cerveau est l’intestin hyperperméable. Les bactéries peuvent donc traverser la barrière hématoencéphalique et causer des dommages au cerveau. Cette inflammation deviendrait chronique et serait pro-Alzheimer.

Les plaques amyloïdes, se retrouvant entre les neurones, sont responsables de certaines pathologies. Ces plaques sont comme un amidon qui se déposerait dans le foie, les reins, la rate et autres tissus causant la mutation génétique. Les plaques se forment afin de protéger le cerveau contre les virus et les bactéries.

Vérifiez votre taux d’homocystéine. Il doit être obligatoirement bas. Optimisez la prise de vitamine B et le fonctionnement de la glande thyroïde.

Les 7 facteurs à considérer pour une mémoire optimale :

  1. Une saine alimentation,
  2. L’exercice afin de balancer les hormones,
  3. La gérance du stress,
  4. Un bon sommeil,
  5. De bonnes relations interpersonnelles,
  6. Un intestin en santé.

Une autre étude tend à démontrer que plus le cholestérol est bas et plus le risque de démence est élevé. En effet, le cholestérol est important non seulement pour le cerveau, mais aussi pour la fabrication des hormones. C’est l’oxydation qu’il faut éviter. C’est pour cette raison qu’il faut diminuer les sucres au minimum.

Consultez votre praticien de la santé avant d’entreprendre une démarche.

 

Sources :

  • Carper, Jean, 2001. Les aliments miracles pour votre cerveau. Québec : Éditions de l’homme
  • Hyman, Mark, 2009. The Ultra Mind Solution : fix your broken brain. New York : Hyman Enterprises
  • Kharrazian Datis, 2013. Why Isn’t My Brain Working. Elephant Press
  • Lagacé, Jacqueline, 2011. Comment j’ai vaincu la douleur et l’inflammation chronique par l’alimentation. Canada : Éditions St-Martin
  • Lugavere Max, Grewal Paul, MD. 2018. Genius Food. New York : Harper Collins Publishers
  • Virgin J.J., 2012. The Virgin Diet. New York : Harlequin Enterprises