Par Luce Bertrand, coach spirituelle | www.lucebertrand.com

Le véritable amour est désintéressé et exempt de crainte. Or si l’on observe la majorité des relations dites amoureuses, peut-on dire qu’elles répondent à cette définition? Dans la majorité des cas, on choisit un ou une partenaire qui correspond à une grande liste de critères, pour ne pas dire de conditions, qu’on trouve essentielles pour que se développe notre amour. Quelqu’un m’a déjà dit d’entrée de jeu : « J’aime ta joie, ta force, ton intelligence, ton humour, ton look, et on aurait pu rajouter ton titre et ce qui va avec ». L’attirance aidant, mon ego s’en est gorgé d’aise, le tapis s’est dérobé sous mes pieds, et je suis tombée en amour.

J’ai rapidement compris mon erreur, mais entre le moment où on comprend mentalement une situation et celui où émotionnellement on s’en guérit, il peut y avoir un écart de quelques d’années. J’ai réussi à me relever, à rapatrier ma constitution morceau par morceau et à mettre fin à la relation. Mais quelques mois plus tard, à la demande répétée de l’autre, j’ai accepté une ultime rencontre que j’ai choisie dans un endroit neutre, un parc. Et c’est là que j’ai vraiment entendu la même liste : « J’ai besoin de toi, de ta joie, de ta force… »

Au fur et à mesure que j’entendais l’énumération, je sentais mon énergie décroître et je me suis entendu penser : « Mais moi qu’est-ce qui va me rester? » Et je suis partie. J’étais délivrée, je venais de retrouver ma liberté et de comprendre pourquoi j’avais l’air si fatiguée sur les photos de cette époque. Une personne énergivore prend. L’amour donne, il ne prend pas. Dans un « cours en Miracles »,  c’est encore plus explicite, car on parle de « dérober l’autre de ce qui nous fait envie, et une fois qu’il n’y a plus rien à prendre, on s’en désintéresse et on va ailleurs ».

L’amour pur exempt d’égoïsme s’attire ce qui lui appartient, il n’a pas à chercher ou à demander. Mais pour le vivre, il faut d’abord le ressentir pour soi. Ce que j’appelle remplir sa coupe à sundae dans mon livre Nous sommes tous des apprentis sages. Ce n’est que lorsque je n’ai plus besoin d’être aimé que je peux véritablement aimer quelqu’un d’autre. Je dis souvent à mes participants et à mes clients que si quelqu’un te dit : « Je n’ai pas besoin de toi, mais j’ai le goût de faire un bout de chemin avec toi », vas-y. Tu viens de trouver un compagnon ou une compagne, quelqu’un qui a sa propre coupe à sundae et qui a juste le goût que vous vous accompagniez à travers vos expériences en étant là uniquement comme soutien à l’occasion dans une épreuve, comme réconfort parfois d’une bonne parole ou d’un geste de tendresse. Un plus et non pas un moins ou un tout. La cerise sur le sundae de l’autre. Mais un sundae sans cerise est aussi bon.

J’ai introduit ce texte avec l’affirmation que « le véritable amour est exempt de crainte ». Bien sûr, si je n’ai pas confiance en moi, si je ne me reconnais pas de valeur, bref si je ne m’aime pas, je suis vulnérable et à risque de donner mon pouvoir à la première personne qui va me montrer un peu d’intérêt. Il y a des filles qui sont déjà partantes simplement parce qu’un homme les siffle. À partir de là, comme elles vont donner tout leur pouvoir à l’autre, elles en deviennent dépendantes. Elles expérimentent la peur qu’il ne la trouve pas assez belle, assez bonne, assez fine; la peur qu’il en préfère éventuellement une autre; bref la peur du rejet de l’abandon, et très souvent la peur physique parce qu’en jouant un rôle de victime, on attire le bourreau.

Il y a un proverbe qui dit : « Donnez un amour parfait et vous recevrez un amour parfait ». Or l’amour parfait pour soi-même est d’abord réservé à notre partie divine qui n’est évidemment pas difficile à aimer puisque c’est une version parfaite, sans défauts de nous. À partir de là, le travail qu’on a tous à faire pendant qu’on est incarné, c’est d’éventuellement fusionner avec cette partie de notre être. En fait, c’est d’utiliser notre corps, notre soi inférieur pour être la manifestation de notre Soi supérieur. Que toutes nos pensées, nos paroles et nos actions soient pur amour pour soi et pour les autres.

L’amour véritable n’a pas de limitation. Et comme le dit un « cours en Miracles », il n’est pas particulier, pas limité à quelques personnes choisies selon des critères d’ego. En fait, ceux à qui on réserve notre amour en général sont ceux qui sont d’accord avec nous, qui partagent nos opinions, nos allégeances, nos croyances, ceux qui nous approuvent, nous valorisent ou répondent à nos besoins. C’est aussi ceux qui reconnaissent notre importance parce qu’on joue au sauveur, au thérapeute ou au parent avec eux. Avec toutes ces personnes, on expérimente un amour ambivalent qui oscille souvent entre je t’aime et je te hais. Au moindre manquement à nos attentes, ils perdent des points et en regagnent dès qu’ils font bonne figure à nouveau.

Expérimenter l’amour véritable est le projet de toute âme venue s’incarner sur cette belle planète. En fait, il s’agit de retrouver la mémoire de « qui nous sommes vraiment », c’est-à-dire pur amour, et c’est à travers nos relations familiales, amicales et amoureuses qui nous offrent de nombreuses possibilités d’essais et d’erreurs,  de corrections et de guérisons qu’on va y arriver.

Date du prochain cours en Miracles : 7 au 10 mars 2019 | Détails sur mon site : www.lucebertrand.com | Réservation: 450-689-1149 | coursenmiracles@lucebertrand.com