La coloration capillaire végétale

Par Marie-Eve Giroux | Soins capillaires holistiques | www.marieeves.com 

Recourir aux plantes pour se colorer les cheveux est loin d’être révolutionnaire. Il y a quelques milliers d’années, le peuple d’Égypte employait les colorants végétaux pour leurs cheveux, leur peau, le cuir, les murs et les textiles. Or, à part dans quelques pays comme le Maroc, cette pratique ancestrale s’est malheureusement perdue au fil du temps. 

Depuis 90 ans, les pays industrialisés optent plutôt pour l’utilisation de produits chimiques, rapides et faciles à appliquer en matière de coloration. Ces derniers inondent les tablettes des supermarchés et des salons de coiffure et créent beaucoup de torts au passage en provoquant des allergies cutanées ou respiratoires, plusieurs intolérances, sans compter une pollution majeure de nos cours d’eau. 

Certaines colorations vendues sur le marché, ou même dans les salons de coiffure s’affichent comme des produits soi-disant naturels. Il faut s’en méfier! En présence d’un oxydant, le produit n’est pas du tout naturel. Qu’on se le dise, une coloration 100 % naturelle se compose uniquement de plantes.

Dans les années 1980, la coloration végétale s’est mérité une mauvaise réputation, et pour cause. On ajoutait alors au henné et à l’indigo des sels métalliques qui entraînaient de grands dégâts aux cheveux. Conséquemment, les cheveux secs et cassants soulevaient plusieurs problèmes lors des permanentes et colorations chimiques. Depuis une vingtaine d’années, la coloration végétale a repris le bon chemin. Populaire en France, le Québec gagne encore à la connaître et compte moins de 40 salons de coiffure spécialisés en coloration végétale.

Mais de quoi s’agit-il au juste? La coloration végétale capillaire consiste à utiliser des plantes tinctoriales cultivées en Inde ou au Maroc dans des champs biodynamiques naturels. Une fois récoltées, les plantes sont séchées et micronisées le plus finement possible. Plus la poudre est fine, meilleurs sont les résultats. 

Tout s’avère bénéfique dans les plantes sélectionnées : feuilles, fleurs, bois, racines et même écorce provenant de 29 plantes différentes. Parmi celles-ci, le henné cassia, le henné lawsonia, la camomille, l’indigo, la rhubarbe, le curcuma, l’hibiscus, la cardamome, le gingembre, le bois de campêche, le châtaignier, le katam, le brou de noix, l’aloe vera, etc. 

Les trois principaux pigments contenus dans ces plantes sont la chlorophylle, les caroténoïdes et les flavonoïdes. On retrouve également le tanin dans certaines plantes que l’on dit astringentes, ce qui donne du mordant à la couleur et lui permet de bien se déposer sur le cheveu. Résultat ? Les couleurs brillent de reflets chauds, de la nacre à l’ébène.

Au salon, nous recevons les colorations en poudre. Une fois la couleur choisie, nous ajoutons au mélange de poudre de l’eau filtrée et bouillie à une température précise. Une odeur naturelle se dégage alors du bol de coloration. Des senteurs de verdure, thé, épices ou forêt, embaument dès lors le salon. On ne se lave pas les cheveux avant 48 heures, pour donner le temps aux pigments de gagner en profondeur et obtenir une meilleure fixation.

Les bienfaits pour les cheveux et le cuir chevelu de la coloration végétale se révèlent tout simplement extraordinaires parce que les plantes font office d’engrais naturel. La coloration végétale procure aux cheveux santé, brillance, volume, souplesse et douceur. Dans bien des cas, elle agrémente les boucles d’une touche de légèreté. 

Cette coloration ne pénètre pas le cheveu comme la coloration chimique. Elle entoure plutôt la fibre capillaire, gaine et protège le cheveu des agressions extérieures, et préserve le pH et le film hydrolipidique présent à la surface de la peau. Indispensable, ce film fournit une barrière de protection contre les bactéries et les champignons et participe à la souplesse du cuir chevelu. 

La coloration végétale dure aussi longtemps qu’une coloration chimique. Il importe cependant de procéder à des soins d’argile avant d’entrer dans l’univers du végétal. Ces soins agissent comme « détoxinants ». Le bulbe est alors nettoyé en profondeur, et purifié des toxines et des métaux lourds accumulés au fil des ans. Sur les racines, longueurs et pointes, le nettoyage se révèle profond et permet de dégager les résidus nocifs, notamment sur les écailles du cheveu. 

On vise ici à éliminer les impuretés de colorations chimiques précédentes, les silicones issus des cosmétiques traditionnels ou encore la toxine du stress oxydatif. Après une coloration végétale, on utilise des produits 100 % naturels à la maison pour ne pas altérer la tenue de la coloration. Oubliez les mousses, gels et fixatifs et tout ce qui contient des silicones ou produits abrasifs !

La coloration végétale opère des petits miracles pour les cheveux blancs. Elle apporte aussi des nuances au cheveu naturel avec des effets translucides ou opaques. En outre, on obtient des couleurs ton sur ton ou plus foncées. 

Bien sûr, elle ne pâlit pas les cheveux comme les produits d’oxydation ou les décolorants et il est impossible de créer des couleurs mates ou cendrées. Nous pouvons cependant obtenir de magnifiques teintes de blond grâce au cheveu blanc. Dans ce cas, les temps de pause varient de cinq minutes à deux heures, selon la couleur désirée et le pourcentage de cheveu blanc.

Pour terminer, je vous souhaite la bienvenue dans ce bel univers de la coloration végétale, synonyme de bien-être, de santé et de pureté. 

Mention de provenance des photos : Sonia Grenon.

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