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La génodique : l’art de soigner les plantes par la musique

Par Marie-Christine Trépanier, journaliste 

« La musique adoucit les mœurs », dit l’adage. Nous savons tous depuis longtemps que la musique possède un effet thérapeutique. En effet, la musicothérapie améliore l’humeur, réduit aussi l’anxiété, contribue au soulagement de la douleur et facilite le sommeil. De plus, elle améliore certains symptômes de l’autisme de même que ceux liés à la démence et à la coordination des personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

Mais voilà que la génodique nous apprend que la musique agit aussi sur les plantes, les rendant plus résistantes face aux épisodes de canicules et de sécheresses et plus fortes à l’égard des maladies virales. En fait, certaines mélodies choisies méticuleusement auraient la capacité d’inhiber virus et champignons et stimuler la croissance des plantes. Les maladies ne sont pas nécessairement éradiquées, mais leur développement peut être endigué de sorte que la production souhaitée par le paysan ne soit pas détruite.  

DIFFUSER DE LA MUSIQUE AUX PLANTES : UNE IDÉE FARFELUE?

Diffuser de la musique dans les champs de vignes, de cultures maraîchères ou d’arbres fruitiers peut sembler pour certains une activité « farfelue » et pourtant, déjà en France, plusieurs maraîchers et vignerons exposent leurs cultures au son de douces mélodies pour les protéger et les soigner. 

Par exemple, à l’aide d’un haut-parleur, on fait écouter une musique particulière aux vignes durant tout le cycle végétatif deux fois par jour. Des vignerons français ont sauvé leurs vignes grâce à la génodique, soit la diffusion de « protéodies », c’est-à-dire des mélodies favorisant ou inhibant la synthèse de protéines.

Joël Sterheimer est un physicien français qui étudie les ondes, la génétique et la musique depuis une quarantaine d’années. Il est détenteur d’un doctorat en physique théorique de l’Université de Lyon. Musicien, il a aussi été chanteur dans les années 60 sous le pseudonyme « Évariste » afin de s’assurer quelques revenus.  Ses découvertes sont tout à fait étonnantes! Selon ses recherches, la musique permet de modifier le taux de production de protéines des organismes vivants.  

Nous savons qu’une protéine est une chaîne d’acides aminés qui ressemble à un collier dont les perles se suivent les unes après les autres. Selon lui, « lors de fabrication d’une protéine, chaque fois qu’un acide aminé s’adjoint à un autre (environ 4 à 5 fois par seconde) une onde dont on peut calculer la fréquence est émise ». En fait, Joël Sternheimer a constaté que la succession de ces fréquences était construite tout comme une mélodie. En transposant cette succession de fréquences dans les octaves musicales, le chercheur a entendu une musique.  

Par la suite, ce physicien français a rejoué les mélodies de certaines protéines d’organismes vivants, découvrant alors une façon de stimuler ou d’inhiber l’expression des gènes des plantes.  

UNE REMARQUABLE DÉCOUVERTE POUR L’AGRONOMIE 

La découverte du chercheur Joël Sternheimer est tout à fait extraordinaire pour le monde de l’agronomie.  

Par exemple, au Sénégal, on a tenté une expérience sur des plants de tomates dans le but de contrer des problèmes de sécheresse. Devant le premier lot de plantations, on a diffusé une séquence musicale correspondant à la synthèse d’une protéine de résistance à la sécheresse alors que le deuxième lot a servi de témoin. On a alors constaté que le lot bénéficiant de la musique produisait dix fois plus avec deux fois moins d’eau. En conséquence, les tomates étaient gorgées d’eau et leurs plants étaient deux fois plus hauts que les plants du lot témoin.  

Puis, en novembre 2017, la presse française rapportait l’histoire d’un paysan des Bouches-du-Rhône qui a sauvé sa culture de courgettes du virus de la mosaïque, un virus dévastateur, par des mélodies diffusées tous les soirs.  

Depuis 2008, la société française Genodics développe des applications du « procédé génodique » découvert et breveté par le physicien Joël Sternheimer. Ces applications permettent de prévenir et de traiter des maladies et d’aider à la croissance et au développement, notamment dans des conditions de stress, dans le respect des organismes et de leur environnement dans les domaines de la viticulture, du maraîchage, de l’arboriculture et de l’élevage. En fait, Genodics développe et diffuse des mélodies « guérisseuses ».  

En France, plusieurs maraîchers utilisent cette technique pour améliorer la santé et l’aspect de leurs légumes.  En plaçant des haut-parleurs dans leurs serres, ils ont constaté des cycles de production beaucoup plus courts. Par exemple, des plants de concombres ont produit leurs fruits en quatre semaines au lieu de six.  D’autres maraîchers ont réussi à sauver une partie de leur récolte attaquée par une maladie.  

DES CHANSONS AUX PROPRIÉTÉS « MÉDICINALES »!

Fait intéressant, Joël Sternheimer s’est aussi intéressé aux liens entre les chansons populaires et les protéines. Avec un logiciel, il a comparé des thèmes musicaux avec des millions de protéodies. Résultat : il a découvert que la chanson « Prendre un enfant par la main » d’Yves Duteil se rapprochait de la séquence mélodique de l’un des composants essentiels du parfum de roses!  

De plus, il a constaté qu’une chanson israélienne composée dans les années 60 se rapprochait d’une séquence pouvant stimuler une protéine de l’eucalyptus.  

En terminant, Joël Sternheimer affirme que plusieurs chants chamaniques sont aussi associés à des plantes médicinales. Aussi incroyable que cela puisse paraître, on dit même dans certaines traditions amazoniennes que ces chants sont parfois enseignés par les plantes elles-mêmes!  

Mais à vrai dire, si parler à nos plantes peut les aider à croître, on peut croire que la musique, si bénéfique et si agréable, peut aussi favoriser le bien-être de ces trésors du règne végétal! 

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