L’épigénétique ou la clé de la longévité

Par Nicole Renaud, ND.A. membre de l’ANAQ

Après avoir lu sur ce sujet que j’ai trouvé très intéressant, j’ai décidé de vous faire part des recherches effectuées sur l’épigénétique et vous permettre ainsi de vivre plus longtemps en santé.

Il y a eu la découverte de la composition des gènes en 1944, mais on ne savait pas encore combien il y en avait. Puis, il y a eu le séquençage du génome humain, plus spécifiquement de l’ADN du génome humain achevé en 2003, permettant ainsi le décodage des caractères héréditaires. Parmi cet ensemble des 22 500 gènes, certains vont déterminer la couleur de vos yeux, vos cheveux, votre peau par exemple, tandis que d’autres gènes vont permettre un comportement au corps, selon une agression extérieure comme les virus et bactéries. On peut dire que les gènes contribuent à vos caractéristiques, mais ne les déterminent pas, car 90% de tous les gènes sont concernés par des signaux environnementaux. En effet, il y a 10% de vos gènes qu’on appelle codants et 90% non codants. On peut donc « allumer » ou « éteindre » les gènes (Joël de Rosnay) en fonction des facteurs internes ou externes, comme les facteurs environnementaux : alimentation, pensées, exercice, etc.

Plusieurs personnes, dont certains biologistes, sont persuadées que les gènes dictent notre programme de vie. Par exemple : il y a des maladies cardiaques dans notre famille, nous en serons touchés; il y a du diabète, on ne peut s’en sortir, nous ferons du diabète. Ce qui voudrait dire que nos gènes peuvent nous prédisposer aux maladies et même à la dépression. Ce que ces chercheurs ont oublié, c’est que l’expression de nos gènes dépend de notre expérience et de notre environnement. C’est pourquoi l’on peut dire que vieillir dépend de la santé de nos cellules, et c’est à nous de décider si nous désirons une santé à long terme. Par conséquent, le séquençage du génome ne prédit pas tout comme l’épigénétique ne règle pas tout.

Depuis que je suis naturopathe, je fais une analogie entre les maladies et l’hérédité à l’aide d’un carton d’allumettes. Le carton d’allumettes est votre code génétique: hérédité, sexe, âge, qu’on ne peut changer. Par contre, les allumettes, faisant partie de vos habitudes de vie, peuvent être allumées ou pas. Plus vos habitudes de vie seront saines et moins il y aura de chance de mettre le feu. Ce qui veut dire que la façon dont vous vivez a un impact sur votre santé et votre longévité. C’est l’épigénétique. 

Fin 2012, quatre cents scientifiques se sont réunis (ENCODE*) rapportant huit ans de travaux, et démontrant que nos gènes peuvent être « allumés » ou « éteints » selon les modulations environnementales. Par la suite, on a découvert que les modulations pouvaient persister dans la vie d’une personne et se transmettre aux descendants. Par exemple, les maladies dépressives, les allergies et les dépendances peuvent servir de prédisposition à un individu. 

Prenons un exemple intéressant pour expliquer l’épigénétique : les abeilles. Toutes les larves d’abeilles naissent avec le même ADN. Elles sont génétiquement identiques. Par contre, la façon dont les larves seront nourries déterminera leur développement. Les larves nourries avec de la gelée royale deviendront des reines. Les gènes vont s’exprimer selon la nourriture donnée. Certaines larves deviendront des ouvrières, d’autres de faux bourdons et le restant des reines. Exceptionnel, n’est-ce pas? Et la même chose chez les reptiles : c’est la température d’incubation des œufs qui va déterminer le sexe.

Nos gènes ne peuvent pas changer. Ils sont immuables, ils sont donc constants. Par contre, ce que vous pouvez changer, ce sont vos habitudes de vie. Nos gènes ne sont pas synonymes de destin! Le concept dogmatique qui dit que ce sont les gènes qui contrôlent notre vie, et que nous sommes toujours victimes d’un gène particulier (ex. le cas du BRCA1 et du BRCA2 associés au cancer du sein et de l’ovaire) est totalement faux. Notre sort dans la vie n’est pas déterminé par les gènes que nous recevons dès notre conception. Nous ne sommes pas victimes de notre hérédité.

ÉPIGÉNÉTIQUE

Que veut dire ce mot? Lorsque je pose la question aux gens qui m’entourent, personne ne peut vraiment dire ce que ce mot signifie. Épigénétique veut dire « qui se situe au-dessus de la génétique » ou, si vous voulez mieux comprendre, l’influence sur vos gènes. L’épigénétique est apparue chez les chercheurs il y a près de vingt ans. L’épigénétique agit sur l’irrigation du cerveau, l’amélioration de la vision, l’irrigation sanguine et restaure même la performance sexuelle. 

Selon Pierre Henri Gouyon, biologiste français, l’épigénétique est un ensemble de mécanismes qui favorise ou pas l’expression des gènes. Les mêmes gènes s’expriment différemment selon l’environnement. Toutefois, tous les gens ne sont pas sensibles de la même façon; certains sont potentiellement plus exposés à divers risques et plus sensibles à des facteurs environnementaux. De là, l’importance de travailler sur soi de la bonne manière et de saisir l’occasion qui s’offre à nous par les diverses méthodes énoncées dans cet article.

Nos gènes sont sensibles à tout ce que nous pensons et tout ce que nous faisons. Il ne tient qu’à nous d’influencer l’expression de nos gènes. Il est donc possible par l’épigénétique de rallonger sa vie en jouant sur son ADN et en changeant entre autres son alimentation. 

À la naissance, nous ne sommes pas prédéterminés à souffrir de telle ou telle maladie; tout dépendra de la façon dont nous nous nourrirons et dont nous vivrons, c’est-à-dire notre mode de vie. Saviez-vous que le mode de vie de votre mère lorsque vous étiez dans son ventre, peut déterminer une partie de ce que vous serez dans la vie? Bien sûr, c’est à vous de décider si vous êtes le maître de votre corps ou non. 

On sait, par toutes les études sur la question, que les émotions vécues par la mère lorsque le fœtus est dans le ventre, au même titre que son alimentation, influenceront le comportement de l’enfant à venir et ses maladies, peu importe les gènes; tout comme la maltraitance d’un enfant aura une répercussion sur sa vie. 

Prenons l’exemple seulement de l’alimentation. Vos gènes s’exprimeront différemment selon que vous mangez du « junk food » ou des aliments sains. Bien sûr, d’autres facteurs entrent en ligne de compte : l’exercice, la méditation, la relation avec les autres, le plaisir, l’amour, la gestion du stress, la joie de vivre; tous ces éléments vont permettre d’interrompre le processus des maladies chroniques.

Les hormones du plaisir font également partie de l’épigénétique : l’endorphine, la dopamine, la sérotonine, l’ocytocine, celles-là mêmes qui ralentissent la production de cortisol, nous rendent positifs et permettent l’harmonie autant dans la famille qu’avec nos amis.

Dès les années 1970, Dr Dean Ornish traitait ses patients en changeant leur mode de vie. Déjà, il avait un pas vers l’épigénétique. D’autres études encore voient la possibilité de changer la grandeur des télomères. 

LES TÉLOMÈRES

La professeur Élizabeth Blackburn est une pionnière dans l’avancement des travaux sur les télomères. Elle a isolé une enzyme, la télomérase, qui régulerait la longueur des télomères. 

Les télomères sont situés à l’extrémité de chaque chromosome et leur rôle n’est pas de coder une information précise, mais d’intervenir dans leur stabilité et dans le processus de vieillissement. Ils servent donc à protéger. La taille des télomères indique notre longévité. Plus la taille diminue et plus notre vie se raccourcit. D’ailleurs, vous pouvez agir avant que les maladies ne soient déclarées.

Par chance, les télomères sont influencés par l’épigénétique. En effet, une bonne forme cardiovasculaire par la pratique d’activités physiques permettrait d’influer sur la longueur des télomères. Selon Deepak Chopra, la meilleure façon de protéger ses télomères est :

  1. manger moins, moins sucré, plus frais et plus végétal;
  2. avoir un bon sommeil;
  3. pratiquer des sports légers et marcher beaucoup;
  4. être généreux sans s’occuper des ragots;
  5. chasser la mauvaise humeur et la dépression;
  6. passer plus de temps à rire avec des amis plutôt que de chercher la fortune.

Les télomères qui se raccourcissent ne sont pas bon signe. La cellule entrera dans une phase de sénescence, laissant échapper des substances pro-inflammatoires évoluant vers les maladies chroniques et les douleurs. L’OMS prévoit 17% de plus de maladies chroniques pour les 10 prochaines années. Les travaux du professeur Blackburn ont permis de constater qu’après seulement trois mois de changement d’habitudes de vie, la taille des télomères avaient augmenté de 30%.

Faites attention à tout ce qui peut intoxiquer vos cellules : les médicaments et les drogues, les pesticides, les métaux lourds, les perturbateurs endocriniens, le tabac et l’alcool. Même le stress émotionnel chronique, à cause du ressenti, peut ébranler la longueur des télomères. Optez pour les pratiques protectrices des télomères.

LA LONGÉVITÉ

Vieillir plus vieux en bonne santé, c’est ce à quoi tout le monde aspire. Cependant, vous devez savoir que, selon la conclusion des travaux sur l’épigénétique, les individus ne sont pas totalement prédéterminés par leurs gènes. Nous avons le pouvoir de changer notre vie, et pour cela, il faut changer notre comportement et avoir la volonté d’agir. 

En 2012, Carl Johan Sundberg, en Suède, a vérifié la pratique du sport et des exercices sur l’action de nos gènes, et cela s’est avéré positif. Il y aurait 5 000 sites sur nos gènes concernés par la pratique régulière d’une activité physique. Ce qui veut dire que nous pouvons influencer nos gènes positivement.

CONCLUSION

La synergie dans tout est la clé de la longévité. Par conséquent, en réunissant les cinq facteurs suivants, vous réussirez à maintenir une bonne longueur des télomères, à changer l’expression de vos gènes et à conserver votre état de jeunesse tout en repoussant la maladie.

  • Mangez moins salé, moins sucré, moins copieux, plus varié; plus de végétaux, plus de légumes frais.
  • Pratiquez tous les jours au moins 30 minutes d’une activité physique qui vous intéresse.
  • Gérez votre stress par la respiration et la méditation, par un bon sommeil et par des visites dans la nature.
  • Cultivez des liens sociaux avec vos amis de vive voix.
  • Ayez du plaisir.

* ENCODE, abréviation de Encyclopedia of DNA Elements, traduisible par Encyclopédie des éléments de l’ADN est un projet de recherche public lancé par le National Human Genome Research Institute (NHGRI) américain en septembre 2003.

Références :

  • Dawson Church. 2013. Le génie dans vos gènes   Ed Dangles : France
  • Joël de Rosnay & al. 2018. La révolution épigénétique Ed Albin Michel : France 
  • Joël de Rosnay. 2018. La symphonie du vivant. ED : les liens qui libèrent : France
  • Ariane Giacobino, 2018. Peut-on se libérer de ses gènes?   Ed. Strek : France
  • Bruce H. Lipton, 2006.  Biologie des croyances, Éd.Ariane : Outremont

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