Par Marie-Christine Trépanier, journaliste

Il n’y a pas que la pollution atmosphérique qui peut nuire à notre santé. La pollution par le bruit et la lumière aussi! Et au fil du temps, on constate que ces deux envahisseurs sont de plus en plus présents.  

QU’EST-CE QUE LA POLLUTION SONORE?

Au travail, à la maison, dans la rue ou dans les transports en commun, nous sommes exposés au bruit quotidiennement. Que ce soit le moteur bruyant d’une moto qui passe dans la rue, le sifflement d’un métro qui freine, la sonnerie du téléphone ou le bruit assourdissant d’un marteau piqueur, il est impossible de passer une journée et même quelques minutes dans un silence total. La même situation se reproduit à la maison : les talons de la voisine d’en haut, la machine à laver qui tambourine ou les aboiements du chien du voisin d’à côté sont des exemples de bruits que nous entendons quotidiennement. 

Tous ces bruits créent une fatigue sonore et nous affectent. Au-delà de la puissance du volume du son, c’est aussi la durée de l’écoute qui est nocive pour les capacités auditives. En plus des pertes d’audition momentanées ou irréversibles, le bruit peut entraîner des problèmes de stress et de fatigue. La pollution sonore est particulièrement dérangeante lorsque nous habitons en zone urbaine. 

DES NUISANCES SONORES GRAVES POUR NOTRE SANTÉ 

Les conséquences pour notre santé de ces nuisances sonores sont multiples et peuvent être graves. En effet, selon la durée d’exposition et la sensibilité de chacun, la pollution par le bruit peut provoquer du stress, de l’irritabilité, de l’insomnie, des problèmes d’audition, de l’hypertension et même de la dépression.

Impossible de choisir les sons que nous souhaitons percevoir! Si nos yeux ont des paupières qui peuvent se fermer, il en est tout autrement pour nos oreilles qui, elles, reçoivent tous les sons et les transmettent à notre cerveau qui les décrypte. Il va sans dire que les sons les plus forts et les plus violents, comme entendus dans les concerts et les salles de cinéma, sont tout à fait mauvais pour l’ouïe. Par surcroît, certains sons très puissants peuvent même affecter instantanément et de manière plus ou moins irréversible nos capacités auditives et engendrer parfois des acouphènes, des bourdonnements et des sifflements qui peuvent causer de grandes souffrances.  

LA POLLUTION LUMINEUSE ET LE SOMMEIL 

Si la pollution sonore est nocive pour notre santé, il en est de même pour ce qui est de la pollution lumineuse! 

Difficulté à s’endormir, sommeil de mauvaise qualité, réveils fréquents la nuit pourraient être reliés à l’éclairage urbain autour de notre maison ou notre logement. En effet, les éclairages artificiels de nuit (lampadaires, enseignes de magasins, panneaux publicitaires) quand ils sont excessifs, sont désignés comme étant de la « pollution lumineuse ».  

Depuis plusieurs années, les astronomes mettent en garde le public indiquant qu’il est de plus en plus difficile d’observer les étoiles la nuit en raison de ces éclairages artificiels. Saviez-vous qu’un tiers de la population mondiale ne peut voir la Voie lactée? 

En plus de perturber le sommeil des gens, la pollution lumineuse a un impact sur la biodiversité puisqu’un lampadaire tue une centaine d’insectes chaque nuit.  

De plus, une étude réalisée par l’Université de Séoul a mis en évidence une association significative entre l’intensité de l’éclairage nocturne artificiel extérieur et la prévalence de l’insomnie. En d’autres mots, plus les habitants vivent dans un lieu éclairé la nuit, plus ils ont recours à des somnifères. 

LA POLLUTION LUMINEUSE URBAINE PERTURBE NOTRE HORLOGE INTERNE

La pollution lumineuse urbaine perturbe aussi notre horloge interne. En hiver, nous avons l’habitude de travailler et vivre pendant qu’il fait nuit. En fait, l’arrivée de l’électricité ne serait pas sans conséquence pour notre santé, car elle bouscule notre horloge interne.  

L’éclairage urbain est devenu la norme et s’est énormément répandu au 20e siècle si bien que certaines grandes villes comme Hong Kong sont particulièrement lumineuses durant la nuit. Or, l’exposition à la lumière après le coucher du soleil n’est pas naturelle. D’autres villes telles que Las Vegas, Tokyo, Séoul et New York sont aussi souvent citées comme étant particulièrement visibles par les astronautes. 

L’éclairage électrique et la vie dans des bâtiments fermés réduisent l’exposition à la lumière du soleil durant la journée et augmentent l’exposition à la lumière la nuit. Résultat : l’horloge biologique est repoussée par rapport à son rythme naturel. Des chercheurs de l’Université du Colorado Boulder ont démontré lors d’une étude effectuée avec la participation de campeurs en 2013, que nous serions en « décalage horaire permanent » et qu’après une exposition uniquement à la lumière naturelle du soleil, l’horloge biologique interne se synchronise au temps solaire.  

Par ailleurs, les femmes qui travaillent de nuit auraient un risque de cancer du sein plus élevé, probablement dû au fait que la sécrétion de mélatonine, un puissant antioxydant, est perturbée. De plus, la perturbation de l’horloge biologique a été associée à l’obésité, la dépression et aux problèmes cardiovasculaires.  

ATTENTION À LA LUMIÈRE BLEUE ET LES LAMPES À DEL

En terminant, n’oublions pas qu’avec tous les changements technologiques que nous vivons, la lumière bleue est omniprésente dans nos vies. De plus, les consommateurs sont de plus en plus invités à se tourner vers les lampes à DEL, car elles sont plus performantes du point de vue énergétique, cependant, elles ne sont pas totalement inoffensives. 

En janvier 2017, l’INSERM a dévoilé une étude sur les effets de la lumière bleue sur la rétine de l’œil, suggérant qu’elle favorise la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). 

En fait, pour faire une lumière blanche, les DEL combinent une lumière bleue et une lumière jaune. Or, la lumière bleue est plus énergétique et plus dangereuse que la jaune à intensité équivalente. En août 2018, une autre étude en provenance de l’Université de Toledo, a confirmé que la lumière bleue nuit à la vision et endommage la rétine de l’œil.   

Il est possible de réduire votre exposition à la lumière bleue en utilisant sur votre ordinateur, votre tablette et votre téléphone intelligent des applications qui filtrent la lumière bleue. Évitez de regarder votre téléphone intelligent ou votre tablette dans le noir.  

Vous pouvez aussi protéger la rétine de vos yeux en adoptant une alimentation riche en vitamine E et en lutéine et zéaxanthine : des antioxydants reconnus pour réduire le risque de DMLA.