Par Cyril Meyre, ND A. | www.cyrilmeyre.com

Avec l’arrivée du temps des fêtes, ce moment de l’année où la consommation d’alcool augmente, voici quelques conseils, et surtout, pourquoi les appliquer si vous buvez du vin!

Le vin

Est-ce l’alcool que contient le vin qui est nocif, qui nous rendent mal ou bien la combinaison des sulfites rajoutés en bouteilles avec les pesticides, insecticides et fongicides utilisés en vitiviniculture qu’on retrouve dans les raisins et par la suite dans la bouteille, le verre et notre corps? Le foie doit gérer ce cocktail pas très recommandable. Heureusement, ce n’est pas ma grand-mère née en 1921 qui me donne des conseils et informations à cet égard, mais bien des études et analyses de faits objectivés par la rigueur de la science!

D’ailleurs, au temps de ma grand-mère, le vin et l’agriculture étaient bien plus propres qu’aujourd’hui et pouvaient se dire biologiques sans mention de l’appellation. Le biologique prit naissance dans les années 1920, car déjà à ce moment, une dérive agricole chimique commençait. Le mouvement fut propulsé par le philosophe autrichien Rudolf Steiner. Le gouvernement français et l’Union européenne ont établi que l’agriculture biologique doit augmenter sa superficie cultivable. En 2010, les terres biologiques étaient à 6% pour passer à 20% en 2020! (1)

Pourquoi du vin biologique?

Eh bien, parce que ça fait moins de produits chimiques dans notre corps. À cet effet, on sait que les raisins et la vigne sont sensibles à l’absorption des pesticides, fongicides, herbicides et insecticides. Ces produits déciment tristement également les abeilles si précieuses à la pollinisation.

Pas biologique = cocktail toxique

En moyenne, selon les analyses effectuées, il y a 150 (parfois jusqu’à 500) microgrammes de résidus de pesticides, fongicides, par « kilo » de vin, soit plus de 300 fois de ce qui est permis pour l’eau potable en France. (2)

Pour mettre les choses en perspective, prenez en considération que certains produits pharmaceutiques et naturels ont des effets thérapeutiques à moindre concentration (100 microgrammes). Alors, il en va de même pour la toxicité de certaines substances qui ont un effet néfaste sur notre santé.

Nous savons enfin de toute évidence, grâce à la science qui régit notre monde, que les agriculteurs souffrent davantage de certaines maladies par rapport à d’autres professions, et ce, dû à l’exposition et contact de pesticides (3). Ils sont les premières victimes de l’épandage de telles substances. (4)

Quelques additifs autorisés à la vinification dans le vin non biologique

– Ovalbulmine – attention lorsqu’allergique aux œufs ou forte sensibilité;
– Caséine – attention lorsqu’allergique aux produits laitiers ou forte sensibilité;
– Sels d’ammonium;
– Bromure mercurique;
– Acétate de plomb;
– Stéarate de polyoxyéthylène;
– Diméthylposiloxane;
– Chlorure stanneux;
– Arsenic;
– Ammoniaque ;
– Polyvinylpolypyrrolidone (PVPP);
– Dicarbonate de diméthyle (Velcorin).

Au nom de la rentabilité, de la rapidité, de la simplicité et du manque de volonté politique, nous avons une omerta sur ce problème de santé publique, qui est liée à l’usage des pesticides. Les agriculteurs et enfants des villages à proximité des champs et des vignes sont malades; des rapports à ce sujet sont d’actualité en France.

Les agriculteurs ont une incidence plus élevée face à certaines maladies propres à l’exposition chronique de ces produits toxiques dans le cadre de leur travail.

– Parkinson (8, 9);
– Alzheimer (8,9,4);
– Dermatite;
– Lymphome (5) ;
– Cancer de la prostate (6).

Alors, pour toutes ces raisons, il devient primordial de boire du vin « propre », biologique, nature, de boire du vin exempt le plus possible de produits toxiques qui surchargent notre corps, le foie, la lymphe et engendrent ou entretiennent certaines conditions de santé problématiques.

Réactions que les personnes sensibles peuvent avoir en buvant du vin « normal » :

– Maux de tête;
– Réactions allergiques;
– Asthme aggravé ;
– Eczéma;
– Urticaire;
– Rougeur cutanée au visage;
– Rhinite ou nez qui coule;
– Transit intestinal troublé.

Également la sensation de ne pas supporter l’alcool, en réalité, cela pourrait ne pas être l’alcool du vin le problème, mais les sulfites et autres résidus agricoles qui se retrouvent dans les bouteilles de vin. Le foie se doit de les métaboliser et éliminer autant que possible; ils affectent certaines personnes plus sensibles que d’autres. La « tolérance » est nettement différente avec les vins biologiques et nature. Essayez-les, vous ressentirez la différence, et vos réveils seront plus agréables.

Évidemment, des analyses nous indiquent que certains vins biologiques ont des pesticides. Dans ces cas, est-il question de fraude lorsque l’accréditation biologique est donnée par des organismes de renom? Ce sont les champs voisins non biologiques qui contaminent l’environnement sur terre tout comme les nappes phréatiques. C’est bien connu, on parle de pollution agricole. (7)

Un mot sur les sulfites

L’Union européenne permet le rajout de sulfites dans les vins entre 150 et 500 mg par litre. En biologique, ce ne sera pas plus de 30 mg par litre. Avec un maximum de 30 mg par litre, ce ne sera pas assez pour engendrer les réactions citées plus haut. Souvenez-vous qu’une cinquantaine de produits sont permis lors de la vinification : 50 produits et ils ne sont pas tous « clean »!

Il faut tenir compte que les vignes qui produisent le raisin et donnent ce nectar sont bien vivantes. La nature nous donne ce fruit qui est dépendant du climat, des intempéries, de l’ensoleillement, de la température, de la pluie, de la sècheresse, des parasites de la vigne. Autant de facteurs qui influencent la vigne, le raisin et le résultat du vin lors de la vinification. Pour toutes ces raisons, les autorités permettent le rajout d’environ une cinquantaine d’additifs en plus des sulfites pour corriger le vin selon les bonnes ou les mauvaises années (millésime). Pour cette raison et bien d’autres, comme expliqué, buvons propre!

Un vin nature

Voyons les caractéristiques du vin nature :

  • Producteurs indépendants;
  • Production à faibles rendements;
  • Culture biologique ou biodynamique;
  • Vendanges manuelles;
  • Levures indigènes pour la fermentation (levures présentes naturellement sur les raisins);
  • Pas de filtration;
  • Pas d’usage d’osmose inversée, pasteurisation;
  • Ne corrige pas l’acidité par des additifs;
  • Aucun ajout lors de la vinification à part pas ou peu de soufre (sulfites).

Alors, oui du vin nature, biologique. Par ailleurs, en vitiviniculture biologique, les vignerons utilisent sur les vignes du sulfate de cuivre. Alors, pour ceux qui prennent des suppléments de cuivre, si vous buvez souvent du vin biologique, ce n’est alors peut-être pas nécessaire de rajouter un complément de cuivre!

À votre santé!

Références :

1-  http://agriculture.gouv.fr/lutilisation-des-pesticides-en-france-etat-des-lieux-et-perspectives-de-reduction

2- http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-no-wine-is-innocent/20130925.RUE8589/300-fois-plus-de-residus-de-pesticides-dans-le-vin-que-dans-l-eau-potable.html

3- http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/09/le-lien-entre-la-maladie-de-parkinson-et-les-pesticides-officiellement-reconnu_1698543_3244.html

4 – http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/06/23/les-agriculteurs-premieres-victimes-des-pesticides_4956586_1652692.html

5- https://www.sciencesetavenir.fr/sante/les-agriculteurs-sont-bien-victimes-des-pesticides_19781-

6- Parent M-É, Désy M, Siemiatycki J., “Does Exposure to Agricultural Chemicals Increase the Risk of Prostate Cancer among Farmers ?”, McGill Journal of Medicine : MJM. 2009 ;12(1) :70-77

7- La problématique de la pollution agricole, ses impacts sur la santé des cours d’eau et sur la santé humaine. « Pour une politique de transition à l’agriculture biologique au Québec» (BAPE), BUREAU D’AUDIENCE PUBLIQUE SUR L’ENVIRONNEMENT octobre 1999

8 – Kab S, Moisan F, Elbaz A Farming and incidence of motor neuron disease: French nationwide study. . Eur J Neurol. 2017 Sep;24 (9):1191-1195.

9 – https://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-recherche/parkinson-une-augmentation-du-risque-associe-aux-activites-agricoles-meme-en-population-generale