Par Martine Chatelain, porte-parole de la Coalition Eau Secours

Depuis 1992, l’ONU célèbre chaque année la Journée mondiale de l’eau pour attirer l’attention du public et des médias sur cet élément essentiel à la vie. L’eau nous hydrate, nous nourrit, elle est l’habitat de la moitié de toutes les espèces vivantes. L’eau fait partie de nos paysages, nous permet de nous déplacer et de relaxer.

Le cycle de l’eau apparut à la création de notre planète, aucune nouvelle eau n’est apparue sur Terre depuis. L’eau est constamment recyclée. Notre défi est de la partager équitablement en protégeant sa qualité. Comme nous sommes composés à 65 % d’eau, nous ressentons continuellement le besoin de faire le plein. Si l’eau que nous buvons est de bonne qualité, nous serons en santé. Malheureusement, toutes les huit secondes quelqu’un meurt de soif ou d’une maladie transmise par de l’eau impropre à la consommation.

Au Québec, depuis 1998, la Coalition Eau Secours fait la promotion de la protection et de la gestion responsable de l’eau dans une perspective de santé environnementale, d’équité, d’accessibilité et de défense collective des droits de la population. Pour réaliser sa mission, Eau Secours fait de l’éducation et de la sensibilisation auprès du grand public, soutient des comités de citoyens aux prises avec des problématiques liées à l’eau et fait des représentations auprès des élus pour favoriser une meilleure gestion de ce bien collectif.

Principalement géré par des bénévoles, cet organisme à but non lucratif a fait avancer le débat sur la privatisation. Le Québec, avec ses quelque 500 000 lacs et 3 % des ressources mondiales d’eau douce, porte une grande responsabilité. Les Québécois sont parmi les plus grands utilisateurs d’eau au monde, mais parmi ceux qui l’utilisent avec le plus ’insouciance. Nos mesures collectives pour réduire notre consommation sont récentes. Cent municipalités québécoises rejettent encore leurs eaux usées dans les cours d’eau sans traitement.

Certaines industries salissent de grandes quantités d’eau. L’extraction du gaz ou du pétrole par fracturation hydraulique utilise des millions de litres d’eau par puits, eaux qu’on ne peut nettoyer. Une seule goutte de pétrole peut rendre impropres à la consommation plus de 25 litres d’eau. Les mines, les centrales nucléaires produisent des déchets qui restent dans l’eau pendant des siècles. Le secteur de l’agriculture utilise 70 % de l’eau potable disponible et l’ajout d’engrais, d’herbicides, de pesticides contribue à la pollution des lacs (algues bleu-vert ou cyanobactéries). Un seul gramme d’herbicide pour votre pelouse peut contaminer 10 millions de litres d’eau. Les médicaments, les fluorures, les peintures

et les résidus de construction sont parmi les polluants à surveiller.

Certaines compagnies tirent profit de l’eau. Un milliard de bouteilles d’eau sont vendues chaque année au Québec. Cette eau puisée dans nos ressources collectives, revendue 2000 fois plus cher que l’eau du robinet, a rapporté moins de 150 000 $ de redevances au trésor québécois en 2017. La bouteille de plastique est un déchet qui pollue nos océans et nos dépotoirs. Il lui faut plus de 400 ans pour se dégrader.

Alors que pouvons-nous faire en cette Journée mondiale de l’eau?

— Refuser d’acheter de l’eau embouteillée, boire l’eau du robinet;

— Réduire notre consommation de biens et de viande, acheter biologique, fréquenter les friperies, réutiliser, réparer, recycler et composter;

— Fabriquer nos produits de nettoyage, ou les choisir écologiques;

— Modérer nos transports, réduire notre utilisation de carburant fossile;

— Devenir membre d’un comité de lac, de bassin versant pour surveiller les cours d’eau;

— Sensibiliser un voisin, un élu municipal, provincial ou fédéral aux enjeux de l’eau;

— Amener notre communauté à devenir communauté bleue (voir le site : www.eausecours.org);

— Rester informé et participer aux mouvements citoyens de protection de l’eau;

— Devenir membre d’Eau Secours (sur le site : www.eausecours.org).

BONNE JOURNÉE MONDIALE DE L’EAU!