POURQUOI PRÉPARER SOI-MÊME SES REMÈDES? 

Par Etienne Bovo, herboriste

    En ces périodes extrêmes de destruction de nos ressources, de l’avancée du développement humain, souvent au détriment de la Nature, de la corruption, des cartels pharmaceutiques, de l’appauvrissement des aliments dû aux pratiques agricoles aberrantes, le fait de récolter et préparer ses remèdes soi-même constitue un geste révolutionnaire. 

    Aussi bizarre que cela puisse sonner, la Nature et ses plantes médicinales sont le sable dans l’engrenage de « big pharma », puisqu’ils sont gratuits, omniprésents, généralement plus efficaces que les molécules brevetées. C’est pourquoi les marchands de pilules essaient de les criminaliser, de dénigrer leur efficacité, ou d’utiliser leur influence pour fermer les herboristeries, comme ce fut le cas pour l’Armoire aux Herbes. Ironie suprême, la plupart des molécules qu’ils nous vendent à fort prix ont été découvertes et isolées depuis les mêmes plantes sauvages qu’ils voudraient éliminer. Il est clair que leur mainmise sur nos choix de santé est illusoire et tire à sa fin, puisque nous apprenons maintenant à fabriquer nos propres remèdes.

    En ces périodes extrêmes, l’autocueillette est non seulement l’option éthique, mais elle garantit aussi la fraîcheur et ne laisse aucun doute quant à la provenance du remède. La pratique de l’herboristerie vient combler un profond besoin de reconnexion avec la Source de notre vie et nous rappelle notre lien d’appartenance et d’interdépendance envers une Intelligence plus grande que nous.  La Nature et les plantes ont nos intérêts à coeur, et nous offrent d’elles-mêmes, abondamment et constamment.  

    C’est en cultivant et honorant notre relation sacrée avec le monde végétal que nous retraçons un circuit éternel qui nous a permis de vivre jusqu’à présent, et nous permettra de survivre à l’âge de la folie dans lequel nous nous sommes pris au piège. Les plantes nous nourrissent, nous vêtissent, nous logent, nous soignent. Sans elles, nous n’existerions plus sur cette Terre depuis bien longtemps.    

    La cueillette est une activité parmi les plus thérapeutiques que je connaisse: elle nous fait sortir de la maison et aller au grand air pour rencontrer nos alliées dans leur habitat. Ma mission aujourd’hui est de vous informer et surtout de vous inspirer pour que vous alliez puiser à la source, vous aussi, des bénéfices si grands que les mots ne peuvent les décrire.

    Les résines de conifères sont utilisées depuis la nuit des temps, et leurs usages sont quasi innombrables. Dans le prochain article, nous parlerons de la taxonomie et la physiologie des arbres producteurs de résines.

    Beaucoup de végétaux produisent de la résine, mais nous nous concentrerons aujourd’hui sur la famille des conifères. Ils font partie du paysage québécois où ils poussent abondamment, sont faciles à identifier, et produisent des résines hautement médicinales qu’il est facile de recueillir.  

    Appartenant à l’embranchement botanique « pinophytes » et à la famille « pinaceae », les principales espèces québécoises productrices de résine sont:

Pinus (Pins)

  • Pin rouge (Pinus Resinosa) 
  • Pin blanc (Pinus Strobus) 
  • Pin gris (Pinus Divaricata)
  • Pin sylvestre (Pinus Sylvestris)

Picea (épinettes)

  • Épinette noire (Picea Marianna)
  • Épinette blanche (Picea Glauca)
  • Épinette de Norvège

Cèdre (Thuja occidentalis)

Pruche (Tsuga canadensis)

Sapin (Abies balsamea)

Mélèze (Larix laricina)

Dans le prochain article, nous parlerons de la cueillette et des principes actifs des résines.