Par Guylaine Campion, ND

L’été est la saison idéale pour découvrir une herbe tout simplement merveilleuse pour notre santé : le persil! On en met partout dans nos salades, nos sandwiches, nos jus, nos smoothies, nos taboulés et on profite de tous ses bienfaits pour notre santé. Par surcroît, le persil décore nos plats avec raffinement.

UN EFFET ANTI-CANCER?

Comme plusieurs fines herbes, le persil contient des composés protecteurs extraordinaires dont il ne faut surtout pas se priver. D’abord, le persil contient de l’apigénine, un flavonoïde reconnu pour ses propriétés antioxydantes et anti-cancer in vitro. Par ailleurs, lors d’une étude d’intervention au cours de laquelle des personnes ont reçu quotidiennement 20 g de persil frais durant une semaine, il a été démontré que l’apigénine contenue dans le persil était absorbée par l’organisme de façon variable d’une personne à l’autre.

De plus, l’augmentation de deux enzymes antioxydantes dans le sang des participants après la consommation de persil suppose qu’il pourrait y avoir une diminution des dommages causés par les radicaux libres chez certains individus. Nous savons que les cellules cancéreuses sont anormalement immortelles et résistent à leur mort programmée (apoptose). Cependant, une étude amène un fait très intéressant : l’apigénine du persil permettrait aux cellules cancéreuses de redevenir mortelles.

UN ATOUT CONTRE LE DIABÈTE

L’apigénine du persil pourrait contribuer à réguler le taux de sucre sanguin. Des chercheurs ont administré des extraits de persil à des rats diabétiques pendant plusieurs jours. Résultat : leur taux de sucre sanguin avait diminué.

D’autre part, une autre étude affirme qu’une alimentation riche en anthocyanines et flavones était associée de manière significative à une résistance plus faible à l’insuline. D’après l’auteur de cette étude : « une résistance élevée à l’insuline conduit au diabète de type 2. Nous observons que les personnes qui consomment des aliments riches en anthocyanines et flavones (deux antioxydants) comme les baies, les fines herbes, les raisins et le vin sont moins susceptibles de développer un diabète ».

UN « PLUS » POUR LE CERVEAU

Une autre étude a démontré que l’apigénine aurait des effets bénéfiques sur le cerveau puisqu’elle agirait sur les neurones en favorisant leur formation et en renforçant la connexion entre eux. « Des liens forts entre les neurones sont essentiels pour une bonne fonction cérébrale, la consolidation de la mémoire et l’apprentissage », affirme Stevens Rehen, l’un des auteurs.

UNE EFFICACITÉ CONTRE LES CALCULS RÉNAUX

Selon plusieurs études, le persil possède des propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et diurétiques. Des extraits de persil pourraient donc être utilisés comme traitement alternatif des calculs rénaux. En fait, le persil agit en diminuant l’excrétion du calcium et des protéines urinaires, tout en augmentant le pH urinaire et la diurèse.

Outre la précieuse apigénine, le persil contient également de la lutéine et le bêta-carotène : deux principaux antioxydants de la famille des caroténoïdes reconnus pour leurs bienfaits sur la santé oculaire. À noter qu’à poids équivalent, le persil frais arrive au troisième rang quant à son contenu total en caroténoïdes parmi 18 autres fruits et légumes après le cresson et la carotte.

Enfin, le persil offre une action antispasmodique sur le système digestif. Il ouvre l’appétit et favorise la digestion.

BON POUR LE SYSTÈME VASCULAIRE

Ces mêmes flavonoïdes aident le système vasculaire. Ils peuvent prévenir les accidents thromboemboliques. Le persil présente des actions vasodilatatrice et spasmolytique avec abaissement de la tension artérielle en cas d’hypertension et antianémique. Ajoutons qu’il a la réputation de combattre la mauvaise haleine. En effet, le persil frais permettrait de capturer certains composés sulfurés formés dans la bouche et dans l’intestin, en particulier après l’ingestion d’ail.

Enfin, le persil est riche en vitamines et minéraux, particulièrement en vitamines C et K, provitamine A, potassium, fer et manganèse. Sa vitamine C dépasse largement celle des agrumes, kiwis et brocolis. Cependant, il est préférable de le consommer cru et bien frais afin de préserver toute sa richesse.

UN PEU D’HISTOIRE

Le persil viendrait du bassin méditerranéen et des régions avoisinantes et aurait été domestiqué dans le sud de l’Europe méridionale, possiblement en Sardaigne. On le consommait il y a 5000 ans. Pour plusieurs peuples, le persil est associé à des superstitions et notamment à la mort.

En Antiquité, les Grecs et les Romains le cultivaient. Les Grecs en faisaient des couronnes alors que les Romains, eux, le consommaient en abondance dans le but de masquer les odeurs d’alcool. Au Moyen-Âge, le persil était reconnu comme une plante médicinale aux vertus stimulantes, toniques et diurétiques. On le suggérait dans les cas de maladies hépatiques et rénales.

Puis, au 15e siècle, le persil a fait son apparition dans les cuisines de France. Par la suite, il a traversé l’Atlantique avec les premiers colons, et il est rapidement devenu l’herbe aromatique la plus employée en cuisine.