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28 février : Journée mondiale sans Facebook

Par Marie-Christine Trépanier, journaliste

Les réseaux sociaux sont omniprésents dans nos vies. Au fil du temps, il est devenu quasi impossible de s’en passer! Et pourtant, en ce jour du 28 février, on nous propose de prendre part à la Journée mondiale sans Facebook : une initiative lancée en 2010 afin de lutter contre la cyberdépendance et aussi protester contre l’intrusion de publicités sur cette populaire plateforme. On souhaite que l’événement annuel incite les utilisateurs à prendre conscience de la nécessité de la sécurisation lorsqu’ils partagent des informations et interagissent sur le réseau social.  

Oserez-vous participer à ce défi et vous déconnecter pendant 24 heures? 

L’OMNIPRÉSENCE DES RÉSEAUX SOCIAUX SUR LE WEB

Les réseaux sociaux font partie du web et Facebook demeure la plateforme la plus utilisée au monde, et ce, même si elle critiquée de toutes parts avec ses nombreux scandales, et malgré le fait que les plus jeunes ont tendance à la délaisser au profit de Snapchat et Instagram.  

Au deuxième trimestre de 2019, le réseau social de Mark Zuckerberg comptait plus de 2,41 milliards d’utilisateurs actifs chaque mois et 1,59 milliard d’utilisateurs actifs chaque jour dans le monde.  

POURQUOI CETTE DÉPENDANCE AUX RÉSEAUX SOCIAUX?

Il n’y a pas si longtemps, Facebook ne faisait pas partie du quotidien des gens. Pourquoi sommes-nous devenus dépendants des réseaux sociaux? Pourquoi devons-nous sans cesse y jeter un coup d’œil? 

Dans un premier temps, lorsque Facebook est devenu accessible à tous en 2006, les gens ont vite pris goût au fait de pouvoir être reliés instantanément avec autant d’amis et de collègues de travail. Des amis d’enfance ont facilement ressurgi du passé donnant lieu à de belles retrouvailles. Puis, plusieurs personnes rencontrées au fil des années se sont ajoutées à la liste d’amis. On peut y voir régulièrement de grands événements de leur existence que ce soit un mariage, une naissance, un voyage, etc. Mais est-ce vraiment nécessaire? N’est-ce pas plutôt une manière d’alimenter notre curiosité?

Facebook, c’est aussi connaître la vie des gens sans jamais leur parler! Il est triste de constater que les médias sociaux ont remplacé les interactions et les communications orales. N’est-il pas préférable d’entendre nos voisins, nos amis, nos collègues, partager leurs aventures de vive voix au travers des discussions vraies et réelles?

Deuxièmement, Facebook permet de regrouper des gens qui partagent les mêmes champs d’intérêt ou la même profession. La plateforme permet donc d’échanger des connaissances et de discuter avec des gens d’expérience. Mais ces gens peuvent aussi perdre un temps précieux à lire de nombreuses réponses non pertinentes.

Bien entendu, Facebook s’avère être un puissant outil de communication et d’information, mais le désavantage réside dans le fait que, bien qu’il soit énorme, on se retrouve dans un environnement clos.   

Il est parfois bon de sortir des médias sociaux et de consulter des médias fiables (télévision, radio, journaux, magazines, etc.) et aussi prendre le temps d’observer la réalité qui nous entoure avec nos propres yeux.   

Par ailleurs, les mentions « J’aime » et les nombreux « émojis » ont transformé notre manière d’interagir avec les autres. Une seule image peut alors susciter une vive réaction. Au départ, on peut se sentir valorisé, mais à long terme l’effet inverse peut se produire. Une personne peut développer une insatisfaction face au nombre minime, à ses yeux, de réactions associées à ses publications. Aujourd’hui, le téléphone ne sonne plus. Il suffit d’un pouce en l’air ou d’un cœur pour nous fournir une réponse affirmative.  

Enfin, plusieurs utilisent les réseaux sociaux pour remplir un vide. Chaque moment de solitude peut être comblé. Pourtant, la réalité peut être tout autre. Des études ont démontré que l’utilisation de réseaux sociaux accentue le sentiment de solitude et augmente le risque de dépression. La comparaison sociale avec les autres serait responsable de ce mal-être. On peut échanger avec des gens partout sur la planète, mais il n’en demeure pas moins que l’on est seul devant son écran d’ordinateur.  

UN MONDE SANS FIN…

Bien entendu, Facebook possède plusieurs avantages et ce média social est là pour de bon. Mais le plus grand problème réside dans le fait qu’il est sans fin! En effet, lorsqu’on lit un livre, un journal ou un magazine, on arrive toujours à la dernière page. Même chose lorsque l’on regarde le bulletin de nouvelles à la télévision. En contrepartie, lorsque l’on consulte Facebook, on perd la notion du temps. Il est donc important et nécessaire de se fixer une limite pour éviter l’exagération.  

Nos appareils ne cessent de bourdonner et de retentir à longueur de journée pour attirer notre attention. Nos cerveaux sont sollicités en permanence. 

Pourquoi ne pas s’instaurer régulièrement des « Journées sans Facebook » afin de prendre conscience de notre utilisation parfois à outrance, mais aussi pour reprendre contact directement avec les autres? Réapprivoiser notre capacité à échanger avec nos voisins, nos amis, les membres de notre famille librement, les écouter entièrement sans être distraits par les notifications du web et sans toujours chercher une réponse instantanée à nos interrogations.  

LA SOLUTION : LA ZÉNITUDE DE NAVIGUER SUR LE « SLOW WEB» 

Pour imager un peu son omniprésence dans nos vies, on peut dire que le web est devenu un océan dans lequel il est parfois difficile de « naviguer », voire de garder la tête hors de l’eau! 

La solution : observer notre utilisation du web et changer nos habitudes en ligne. Si vous commencez à paniquer à la suite d’une rafale de notifications ou que vous êtes étourdi devant toutes les distractions que l’internet vous « impose », il est temps de voguer sur les eaux plus calmes du « slow web ». Quand les autoroutes de l’information deviennent trop rapides, le moment est tout indiqué pour fixer des limites de vitesse et ralentir! 

Le « slow web » suggère de lire les nouvelles, de consulter nos courriels ou de naviguer sur le web en respectant notre propre calendrier, notre horaire, et en résistant à la nature immédiate et instantanée de la technologie moderne. Le temps que nous passons en ligne devrait être un temps qui nous satisfait et nous rapporte un plus dans nos vies et non pas un temps perdu à des choses futiles telles que le voyage d’une amie de classe que nous n’avons pas vue depuis 20 ans! 

Le « web lent » doit être une expérience que l’on aime et que l’on savoure, par exemple, lire un long article enrichissant plutôt qu’une centaine de tweets inutiles.  

Il peut être relaxant aussi de regarder une vidéo sur YouTube d’un train qui traverse la Bulgarie, la Californie ou la Norvège et observer les magnifiques paysages qui défilent sous nos yeux. Sans musique, on y voit des lacs, des montagnes enneigées, des fermes çà et là au milieu des collines. Ces voyages en train sur le web peuvent aider à chasser l’angoisse, et offrir des vacances virtuelles et un sentiment de paix!

Quel plaisir aussi de visionner des images d’un pays que l’on a déjà visité et nous remémorer de beaux souvenirs ou tout simplement découvrir par le web notre prochaine destination! Voilà des actions sur internet qui sont enrichissantes et qui nous procurent du plaisir et du bon temps.  

En conclusion, malgré tous ces mauvais côtés, en 2020, il est quasi impossible de se passer des réseaux sociaux, mais l’espace d’une journée, il est bon de prendre une pause, prendre le téléphone pour inviter un ami ou un collègue de travail, pour communiquer de vive voix. Les mots n’offrent-ils pas davantage de nuances qu’un émoji? En somme, malgré tous les avantages des réseaux sociaux, rien ne pourra remplacer la chaleur humaine et les véritables échanges!

En cette Journée mondiale sans Facebook, reprenons contact avec ceux et celles qui nous sont chers et pourquoi ne pas en prendre l’habitude plus souvent tout au cours de l’année!

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