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2 avril : Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme

Par Marie-Christine Trépanier, journaliste

Depuis décembre 2007, le 2 avril a été déclaré « Journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme » par l’Organisation des Nations unies (ONU), une journée qui vise à mieux informer le public sur les réalités de ce trouble du développement. Ainsi, chaque année, la Fédération québécoise de l’autisme profite de cette journée pour sensibiliser le grand public aux besoins des personnes autistes et leurs familles.

Pour suivre le mouvement international « Light It Up Blue », les Québécois sont invités à se vêtir de bleu en cette Journée mondiale de l’autisme. Pourquoi le bleu? Parce que le bleu est une couleur calmante, apaisante et réconfortante. Par ailleurs, avril est aussi le mois de l’autisme au Québec. Selon l’« Autism Society » au Maryland, le premier mois de l’autisme a vu le jour dans les années 70 aux États-Unis. L’autisme est presque cinq fois plus fréquent chez les garçons (1 sur 43) que chez les filles (1 sur 189), et fait troublant, ce trouble de développement touche une personne sur 150 dans le monde.

L’autisme au Québec

La Fédération québécoise de l’autisme (FQA), autrefois appelée la Société québécoise de l’autisme, a été fondée en 1976 afin de répondre aux besoins des parents de se regrouper et faire avancer la cause. Dès la fin des années 70, la FQA a travaillé particulièrement à la reconnaissance de l’autisme par les instances gouvernementales et à la promotion de l’accès aux services éducatifs adaptés et au développement de services pour les familles. Ainsi, à cette époque, elle a contribué à améliorer les connaissances dans le domaine de l’autisme en invitant plusieurs conférenciers étrangers à participer à ses congrès.

On estime que la prévalence de l’autisme au Québec est de 1,4% de la population. Selon les chiffres de la FQA, en 2015 au Québec, la prévalence du TSA (trouble du spectre de l’autisme) chez la population des 5 à 17 ans était de 15,5 pour 1 000 enfants (soit 1 sur 64 ou 1,6%). En 2015-2016, il y avait 14 429 élèves autistes à la formation générale, soit une prévalence de 142 pour 10 000 ou 1 enfant sur 70.

À titre indicatif, en 2010-2011, on comptait 8 318 enfants autistes scolarisés dans le secteur public. En 5 ans, soit entre 2005 et 2011, le nombre d’élèves autistes scolarisés dans le secteur public au Québec a doublé.

Qu’est-ce que le trouble du spectre de l’autisme (TSA)?

Le trouble du spectre de l’autisme se caractérise par des difficultés importantes dans deux domaines : soit la communication et les interactions sociales ainsi que les comportements, activités et champs d’intérêt restreints ou répétitifs. Habituellement, il est présent dans la petite enfance, mais peut aussi apparaître de façon plus évidente au moment de l’entrée scolaire.

Le TSA se manifeste différemment selon les personnes. Conséquemment, les personnes autistes représentent un groupe tellement hétérogène qu’on dit souvent qu’il y a autant de formes d’autisme que de personnes autistes. Voici quelques-unes des manifestations que l’on retrouve chez les autistes dont certaines peuvent se présenter de façon précoce :

  • Ne répond pas à l’appel de son nom;
  • Semble parfois être sourd;
  • Établit rarement un contact visuel;
  • Établit difficilement des contacts avec autrui;
  • Ne sourit pas;
  • Semble indifférent aux autres;
  • Semble préférer être seul;
  • Ne demande pas d’aide directement;
  • Résiste aux caresses;
  • Éclate de rire sans raison apparente;
  • Fait des crises de larmes, de colère ou devient désemparé sans que l’on sache pourquoi;
  • Résiste aux changements de routine;
  • Est fasciné par les objets qui tournent;
  • S’adonne à des jeux obsessifs (ex :alignement d’objets) ou répétitifs;
  • Ne semble pas savoir comment jouer avec des jouets;
  • Porte un attachement démesuré à des objets;
  • Ne craint pas les dangers réels.

Les troubles autistiques sont liés à la fois à des facteurs génétiques et environnementaux. Les causes ne font pas encore l’objet d’un consensus. On suspecte des causes neurologiques, génétiques et environnementales. Aucun médicament ne peut guérir l’autisme, cependant, certains sont prescrits pour traiter les symptômes.

Les pesticides et produits chimiques au banc des accusés

Fais assez troublant, des études d’observation ont déjà rapporté que des facteurs environnementaux, incluant
les pesticides, sont liés à l’autisme. D’ailleurs, des chercheurs américains ont passé en revue la littérature médicale et ont répertorié les produits chimiques qui sont les plus susceptibles d’influer le risque d’autisme et de maladies neurologiques. Ce sont des produits chimiques présents dans notre environnement et dans des produits de consommation. Parmi ceux-ci, on retrouve, entre autres, les pesticides, le plomb, le mercure, le bisphénol A et les phtalates (utilisés dans l’industrie plastique et cosmétique) et les gaz d’échappement (pollution automobile).

Troubles envahissants du développement et alimentation

Les personnes atteintes de troubles envahissants du développement (TED) dont l’autisme présenteraient souvent des troubles intestinaux ou une inflammation gastro-intestinale chronique. Par conséquent, le corps absorberait moins bien certains éléments nutritifs essentiels. Selon des chercheurs, la majorité d’entre eux auraient également des troubles au niveau du système immunitaire, réagissant différemment aux virus, toxines ou à certains aliments.

Sur le plan alimentaire, plusieurs suggèrent d’opter pour une alimentation sans gluten ni caséine (une protéine de lait), et une diète sans levures et riche en probiotiques. D’ailleurs, lors d’une étude réalisée en 2016, des chercheurs iraniens ont suggéré qu’un régime sans gluten pouvait être efficace pour contrôler les troubles intestinaux et les comportements autistiques des enfants autistes.

D’autre part, la consommation de brocoli serait à privilégier. En effet, les légumes crucifères (choux, navet, radis, cresson, etc.) et particulièrement le brocoli contiennent une substance, la glucoraphanine (de la famille des glucosinolates) qui se transforme en sulforaphane lorsque le légume est mastiqué et avalé. Une étude a démontré que la prise quotidienne de sulforaphane issue de brocolis permettait d’améliorer certains troubles du comportement liés à la maladie, comme l’interaction sociale et la communication verbale.

Par ailleurs, en 2009, une petite étude incluant 10 enfants âgés de 4 à 7 ans souffrant d’autisme a montré que prendre 1 g d’oméga-3 par jour durant 12 semaines permettait une amélioration d’environ 33% de leurs capacités, d’après l’Autism Treatment Evaluation Checklist. Enfin, le manque de vitamine D pendant la grossesse, chez la mère comme chez l’enfant, expose à un risque accru d’autisme. Une supplémentation serait donc bénéfique.

Des approches complémentaires naturelles

Des études ont noté les effets positifs de la musicothérapie auprès d’enfants et d’adolescents dans le traitement de l’autisme. Par ailleurs, la mélatonine administrée à des enfants atteints de troubles du spectre autistique pourrait améliorer les problèmes de sommeil et le comportement durant le jour. Une revue systématique parue en 2011 a conclu que la massothérapie pourrait être profitable aux enfants autistes si elle est combinée à d’autres thérapies, comme des thérapies de langage, de comportement et de communication sociale.

L’acupuncture peut aussi être une avenue intéressante à explorer. En terminant, vous pouvez consulter le calendrier des activités régionales sur le site de la Fédération québécoise de l’autisme au : www.autisme.qc.ca.


Les informations fournies dans cet article ne peuvent remplacer des conseils médicaux, un diagnostic ou un
traitement.

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