Par Nathalie Beaudoin, herboriste-thérapeute Hta et naturopathe N.D. | www.nathalieenherbe.com

Saviez-vous qu’un grand nombre de médicaments de cardiologie proviennent des plantes? Les plus emblématiques, les digitaliques, sont extraits des feuilles de la digitale pourprée. Ils sont si puissants qu’ils sont délivrés uniquement sur prescription médicale. À doses infimes, ces actifs stimulent le cœur, traitent l’insuffisance cardiaque et certains troubles du rythme. Mais ils peuvent, en cas de surdosage, se révéler extrêmement toxiques.

Un certain nombre d’autres plantes, heureusement, se sont révélées considérablement efficaces et peuvent être adoptées sans risque pour traiter les maladies cardiovasculaires. Le mécanisme d’action de ces plantes et les molécules bioactives responsables de leur action restent encore largement méconnus.

Voici un aperçu des plantes, vitamines, minéraux et aliments actifs pour rester informés, apprendre à mieux les connaître et les utiliser.

Des plantes médicinales contre les maladies cardiovasculaires

Aubépine Crataegus monogyna

Considérée comme plante reine du cœur, l’aubépine est un arbrisseau épineux dont les fleurs, les feuilles et les fruits séchés sont utilisés en herboristerie. En effet, toutes ces parties peuvent être consommées en tisane ou en extrait liquide dans l’alcool en cas de troubles du système cardiovasculaire, ainsi qu’en cas d’hypotension. L’aubépine augmente la puissance de contraction du cœur, dilate les vaisseaux sanguins et améliore l’oxygénation du muscle cardiaque.

L’aubépine renferme des polyphénols et des triterpènes aux propriétés antioxydantes, mais surtout qui stimulent le cœur et elle est également capable de réguler le rythme cardiaque. Comme c’est le cas pour d’autres remèdes végétaux, les préparations à base d’aubépine sont bénéfiques pour la santé, mais elles ne remplacent pas les médicaments prescrits par des médecins. Ces remèdes se prêtent toutefois très bien à accompagner et favoriser le processus de guérison.

Ail Allium sativum

Bien que les effets de l’ail soient modestes, le pharmacien Jean-Yves Dionne affirme que ses effets sont nombreux. Comme il touche tous les facteurs de risque cardiovasculaire, il constitue un traitement complémentaire intéressant chez les personnes touchées. L’ail est reconnu comme un traitement adjuvant en cas d’hyperlipidémie et d’athérosclérose. Il a également le potentiel de ralentir la progression des complications du diabète, un autre facteur de risque de maladies cardiovasculaires.

Les points importants à retenir dans l’usage de l’ail sont la dose et la régularité. Il faut choisir soit un produit normalisé en alliine ou en allicine, soit l’ail vieilli. Il faut en consommer tous les jours. L’usage occasionnel ne confère pas de résultats. Les résultats intéressants dans la prévention des maladies cardiovasculaires apparaissent après plusieurs mois.

La consommation d’ail alimentaire est aussi recommandée. C’est un aliment santé incontournable. Par contre, pour avoir un effet thérapeutique tangible, il faut en manger beaucoup, soit une gousse et plus par jour, ce qui peut être difficile pour certains à faire de façon continue.

RÉGULATION DE LA CIRCULATION

Comme le cœur et la circulation sanguine sont intimement liés, une bonne circulation peut contribuer à la prévention des problèmes cardiaques.

Ginkgo Ginkgo biloba

Selon les connaissances actuelles, le ginkgo (graines et extraits) est particulièrement efficace pour stimuler la circulation sanguine.

Marronnier Aesculus hippocastanum 

L’écorce de marronnier doit son action vasorégulatrice (régulation de la circulation sanguine) à l’esculoside et la graine à l’aescine. Ces deux composés ont une action vasorégulatrice en diminuant la perméabilité capillaire pour lutter contre l’insuffisance veineuse chronique.

Romarin Rosmarinus officinalis 

Les médecines naturelles utilisent le romarin sous forme de tisane pour stimuler la circulation sanguine et contre les ballonnements. Le romarin a un effet régulateur sur la circulation et les nerfs et serait donc particulièrement recommandé pour fortifier en douceur les cœurs vieillissants.

Feuilles d‘olivier Olea europaea

Les tisanes et les teintures aident en cas de légère hypertension.

Pour un effet calmant, il convient d’utiliser:

Mélisse Melissa officinalis

Si une insécurité cardiaque apparaît combinée à des maux d’estomac, le remède conseillé est la mélisse. Son efficacité en cas d’anxiété et de problèmes d’endormissement a été reconnue scientifiquement.

Passiflore Passiflora incarnata

Ses feuilles sont utilisées en phytothérapie pour combattre l’agitation nerveuse, les tensions, l’irritabilité et l’anxiété ainsi que tous les troubles du sommeil et les problèmes cardiaques qui peuvent en résulter.

Adapter son alimentation

Les légumes verts à feuilles (choux, épinards, etc.) et les petits fruits constituent une bonne source d’antioxydants, de vitamines, de minéraux et de fibres. Visez de sept à dix portions de légumes et fruits chaque jour.

Les produits céréaliers contiennent beaucoup de fibres, vitamines B et minéraux. Les viandes et substituts sont une excellente source de protéines. Celles-ci se retrouvent dans les aliments suivants : les haricots et les lentilles (légumineuses), les noix de Grenoble, les viandes maigres, la volaille et les poissons gras (hareng fumé, saumon de l’Atlantique, thon rouge, sardines, maquereau et truite arc-en-ciel).

Les graines de lin moulues, graines de chia moulues et de chanvre sont des sources intéressantes d’oméga-3 et amènent de la variété au menu. Certaines huiles végétales renferment ces gras polyinsaturés si prisés (huile de lin et de caméline). Le lait et les substituts représentent une source riche en protéines, en vitamines et en minéraux. Choisissez plus souvent des produits faibles en gras.

LE MAGNÉSIUM : UN ATOUT POUR LE CŒUR

Du côté des vitamines et des minéraux, le magnésium a probablement des effets protecteur des artères et régulateur du rythme cardiaque. Il contribuerait à prévenir les facteurs de risque favorisant le développement et la progression des maladies cardiovasculaires.

PRÉVENTION

Outre de saines habitudes de vie, il est possible de prévenir certaines maladies inflammatoires par la consommation d’huile de poisson, d’extraits de feuilles d’ortie, de curcuma, d’huile de bourrache, de vitamine K et l’utilisation des plantes adaptogènes, telles que le reishi, les baies de goji, la rhodiole, le chaga et l’astragale.

N’oubliez pas de demander conseil à votre naturopathe, herboriste-thérapeute ou autres spécialistes de la santé avant de prendre les plantes mentionnées.

Sources : Althea Provence, Canal Vie, Cœur et AVC Canada, Passeport Santé